CHAPITRE II
MOTIFS DONT SE COUVRE L'INTERVENTION DE L'ÉTAT DANS LE RÉGIME DU TRAVAIL.
Les troi> motifs qu'invoque rÉtat pour réglementer le travail, page ni6-
— Manque do précision de ces trois motifs et applications indéfinies auxquelles ils peuvent se prêter, page 317. — Motif tiré du droit général de « police », page 317. — Motif tire du devoir de protéger « les faibles », page, 317. — Qui est « faible »? page 317. — Ce mot peut être pris dans le sens naturel et étroit ou dans le sens étendu et figuré : inconvénients de cette seconde interprétation, page 317, — La faiblesse, au lieu d'être Texception dans la société humaine, devient la règle, page 318. — L'État se trouve ainsi conduit à substituer des contrats types, uniformes, officiels, à la variété des contrats libres, page 318.
Argument tiré de la perpétuité de la nation, dont l'État est l'unique re [présentant, page 318. — Réglementation infinie à laquelle il peut aboutir, page 319.
Le sophisme consiste à prendre dans le sens figuré les mots de sécurité, commodité, faibles, etc., page 319.
Instabilité législative qui résulte de cette conception variable, page 319.
— Exemples curieux de cette instabilité, page 319. — Excessive écoiidité et frivole inconstance d«^s législatures modernes, page 320.
L'intervention de TEtat dans le régime du travail peut se couvrir de différents motifs, d'abord le droit et le devoir général de police dont l'Etat est investi et qui vont toujours, en s'élendant; ensuite la mission qui incombe à l'État de protéger les faibles et les abandonnés contre l'oppession des forts et des puissants; enfin cette tâche particulière que l'État, en tant que représentant la perpétuité de la nation, peut seul remplir, qui a pour objet de ménager les forces nationales, d'empôcher les générations de s'abâtardir, môme volontairement et consciemment.