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SERVICE DE CONSERVATION GÉNÉRALE

Autrefois, l'action de l'État était beaucoup moins nécessaire dans ce service; plus nombreuses, les forêts se trouvaient beaucoup mieux entretenues, à cause des corporations, notamment des religieuses, qui ont plus en vue la perpétuité et pratiquent le détachement du temps présent; À cause aussi des préjugés nobiliaires qui, pour la conservalion de la chasse, préservaient les forêts.

Aujourd'hui, une grande partie de cette tâche incombe à l'État, à l'État central, non pas à la commune, souvent ignorante et imprévoyante, Ce n'est pas seulement en France, c'est au Canada, en Australie, au Brésil, qu'il en est ainsi,

Si l'État français aménageait bien les 986,000 hectares de forêts domaniales, dont beaucoup, dans les circonscriptions de Chambéry, Ajaccio, Gap, sont de simples terrains embroussaillés, estimés à une valeur de 300 francs, de 280, de 220 francs par hectare en moyenne; s'il repeuplait d'arbres les pentes des montagnes; si, par un contrôle attentif, il forçait les communes à reconstituer les 4,823,000 heclares de bois qu'elles possèdent, et à transformer en forêts une partie des 2,696,000 hectares de communaux inculles, pâtures ou garigues, indépendamment des 335,000 hectares communaux eu culture qu'il pourrait laisser dans leur situation présente, l'État remplirait son rôle de représentant de la perpétuité nationale, il rendrait des services sérieux aux générations futures (1). De même pour les lois sur la

(1) Les États allemands se préoccupent heancoup plus que nele fait la France de la conservation des forèts, Au million d'hectares de nos forèts domaniales et à nos 1,800,000 hectares de médiocres bois communaux, l'Allemagne, dont le territoire n’est que de 4 p. 100 environ supérieur 4 celui de la France, peut opposer 4 millions 431,000 hectares de forèts

États, 2 millons 315,000 hectares de bois communaux

Éoe aux églises ou aux corporations, outre

5,959,000 hectares qui sont ln propre de perdus {Voir notre Traité de la science des finances, 4* édition, lome 1, page 48).

La France et l'Allemagne pendant longtemps se plaçaient, d'ailleurs.

chasse, sur la pêche, non seulement fluviale, mais maritime, pour la préservation de toutes ces richesses naturelles que l'homme épuise, l'État devrait avoir une prévoyante rigueur. Beaucoup d’entre elles disparaissent, traquées et exploitées sans miséricorde : ici ce sont certaines espèces de poissons, là les oiseaux, ailleurs les baleines, dont il n'existe plus guère ; ailleurs encore les éléphants avec leur ivoire, autre

à des points de vue différents, en ce qui concerne les lorèls domaniales. Chez nous on ne les considérait guère que comme une source de revenu. Jusqu'à un temps très proche de nous, on ne s’occupait que fort peu de les améliorer, de repeupler les clairières, si nombreuses surtout dans le midi. Malgré que, à la fin du second empire, on eût voté des lois pour le reboisement, le crédit affecté à ces travaux en 1816 ne s'élevait qu'au chiffre infime de 1,183,000 francs ; encore compreuait-il des subventions aux particuliers, de sorte qu'il restait bien peu de chose pour les travaux à faire par l'État. En 1879, il est vrai, ce erédit a été porté à 1,689,000 fr,, puis, en 1883, à 2,667,000 francs.

Les États allemands ont fait, de tout lemps, de bien plus grands sacrifices pour sauvegarder leurs richesses forestières.

Dans le duché de Bude, de 1850 à 1856, on a semé ou planté 21,262 arpouts, c'est-à-dire environ 6,000 hectares, un millier d'hectares par au : la France, si elle opérait avec la même activité, devrait semer ou planter 20,000 ou 25,000 hectares annuellement : encore ce chiffre serait-il trop faible, Dans le Wurtemberg de 1830 à 1852 on à planté ou semé complètement 32,287 arpents, environ 9,000 hectares, qui auparavant v'étaient pas en forêts, et l'on a amélioré 267,109 arpents, soit 70,000 hectares, c'est une moyenne de 410 hectares mis en forêts et 3,200 améliorés tous les ans : si l'on multiplie ces chiffres par %, ou verra ec que la France devrait faire. Bade, en 1870, a dépensé 58,000 Norins, soit 124,000 francs en culture forestière (Waddculturen) ; la Bavière, dans la même année, 308,000 florins, soit 659,000 francs : la France a huit fois la population et beaucoup plus de huit fois la richesse de la Bavière : elle devrait donc dépenser plus de 5 millions de francs pour la même destination : la Prüsse proprement dite a consacré, en 1870, aux cultures forestières et aux améliorations (Vermehrung und Einrichtung) 814,000 thalers, soit 3,043,000 francs : la même proportion, par rapport à notre population, exigérait de nous uné dépense annuelle de à millions de francs : or, les cultures forestières proprement dites ne prélèvent pas sur notre budget plus de 2 millions et demi ou 3 millions au plus.

L'État démocratique, plus agité, à personnel plus variable, plus soumis aux influences électorales, craignant de mécontenter quelques villages ou quelques groupes d'usagers, ayant, d'ailleurs, dans toute sa manière d'être, moins le sentiment du lointain avenir, reste fort en deçà des vieilles organisations administratives stables pour ces grandes œuvres de préservation générale,

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