LETTRE
M«^ GRELLIER
aujourd'hui É-\"ÉQUE de LAVAL ET ALORS VICAIRE GÉNÉRAL DANGERS
Angers, 8 février 1903.
Mon cher Monsieur VAumonier,
Je viens de prendre connaissance de cotre nouvel ouvrage sur : rÉtat mystique, sa r\ature et ses phases. Je ne puis que vous féliciter de l'étendue de vos recherches et de Vélévation de votre doctrine. En abordant, comme vous le faites depuis plusieurs années, des études de spiritualité aussi sublimes, vous n'espérez point que vos conclusions passent à Vabri de toute controverse ; mais aucun de vos lecteurs ne manquera de reconnaître combien votre thèse présente d'intérêt et de force, quelle est la splendeur des textes des Saints et des grands théologiens dont vous vous appuyez, quelle piété profonde, quel zèle de la gloire de Dieu règne dans tout ce livre, et par conséquent quel attrait il offrira aux âmes éprises du goût de la perfection.
En effet, selon vos principes, l'état mystique est le terme et l'achèvement normal de la perfection chrétienne, distinct et indépendant de certains phénomènes miracuk-ux, tels que les visions, extases et ravissements. Essentiellement il renferme l'oraison de contemplation, on peut même dire, la contemplation assez habituelle de Dieu, et l'union à Dieu par des a^tes d'amour €tus»i sublimes qu'ils semblent jaillissants de source. Vous établissez que la contemplation diffère de la méditation, où l'esprit, se plaçant d'ailleurs sous l'influence de la grâce, produit une quan-