‹ L'état mystiqueChapitre 3 sur 99 · LETTRES D APPROBATION · texte numérisé non relu

LETTRES D APPROBATION

tité de raisonnements et de retours sur lui-même ; qu'elle diffère aussi de Voraison appelée affective où les désirs, les actes amoureux de la volonté se succèdent distinctement les uns aux autres. La contemplation, regard de foi très simple et très aimant qui se dirige le plus volontiers sur Dieu même, ses perfections et sa charité infinies, est le fruit d'une grâce non pas miraculeuse, mais éminente et supérieure aux grâces ordinaires, qu'il convient de désirer, de demander, sans vouloir Venvahir.

Cette doctrine a été trop ignorée ou suspectée de plusieurs auteurs ascétiques, notamment depuis deux siècles : c'est un amoindrissement fâcheux de la science spirituelle que doivent posséder les directeurs des âmes. Ces auteurs ont eu le tort de ne pas étudier d'assez près les Maîtres incontestés de la Mystique, les Saints qui ont expérimenté les merveilles décrites en leurs livres, les Pères et Docteurs de l'Église tels que saint Grégoire pape et saijit Bernard, les plus illustres théologiens du moyen âge, saint TJwmas, saint Bonaventure Albert le Grand, Suarez en son Traité de l'Oraison, saint François de Sales dans le Traité de l'Amour de Dieu, et même Bossuet dans ses remarques sur le travail de simplification des âmes parfaites. Non content d'invoquer ces grands noms en votre faveur et d'indiquer les ouvrages où vous estimez qu'ils appuient votre thèse, vous citez leurs admirables textes. J'avoue qu'ils me paraissent concluants et que je ne saurais, en particulier, expliquer autrement que vous sainte Thérèse et saint Jean de la Croix.

Comme votre premier dessein est de montrer que la contemplation avec l'état d'union à Dieu, qu'elle suppose d'ordinaire et qu'elle augmente, n'est nullement une oraison miraculeuse, qu'au contraire elle est un des aliments les plus utiles de la parfaite piété, vous décrivez à votre tour, en puisant à vos sources préférées, les phénomènes de l'état contemplatif et mystique. Vous en excluez les faits qui relèvent d'autres causes, par exemple V impuissance complète de raisonner ou de réfléchir ou de prendre une résolution distincte ; le ravissement, faveur tout .exceptionnelle ; la sensation d'un contact entre Dieu et l'âme ; la vue directe et certaine de la présence de Dieu ou de la grâce sanctifiante : autant de prodiges dont on doit dire, pour le moins, qu'ils n'appartiennent pas à la vie présente. C'est dotic, à votre avis, par des effets de sainteté que l'état mystique apparaît ou se laisse discerner. Vous en dressez

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