‹ L'état pontifical après le grand schisme;Chapitre 1 sur 50 · A MON FRÈRE · texte numérisé non relu

A MON FRÈRE

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PREFACE

Dans le courant du quinzième siècle, la plupart des Etats de TEurope se sont transformés, passant de la décentralisation féodale au gouvernement absolu : la France de François I" était beaucoup plus disciplinée que celle de Charles VIT , la dynastie des Tudor a établi le despotisme en Angleterre et, avec les souverains catholiques, l'Espagne perdait une à une ses franchises locales et ses libertés. Cette évolution se produit aussi en Italie. Les républiques abdiquent peu à peu entre les mains des tyrans : Florence se soumet aux Médicis, Bologne aux Bentivogli, Pérouse aux Baglioni; et, dans les principautés, l'autorité rejette de plus en plus tout contrôle pour devenir absolue : rien ne limite le pouvoir des rois aragonais à Naples, des Este à Ferrare, des Sforza à Milan. La même transformation ne pouvait pas manquer de s'opérer dans les Etats de l'Eglise : se croyant déjà tout-puissants au point de vue spirituel, les papes devaient essayer de le devenir au point de vue temporel; ce qui se passait autour d'eux, dans les Etats voisins, les y engageait, et leurs efforts furent d'autant plus grands qu'ils étaient encore plus nécessaires qu'ailleurs.

La papauté sort du grand schisme aussi affaiblie au point de vue politique qu'au point de vue religieux. Si d'orgueilleux conciles comme ceux de Constance et de Bâle s'efforcent de la tenir sous leur tutelle, la féodalité, de son côté, tente de lui ravir son pouvoir temporel. Dans le grand interrègne qui s'est déroulé pendant plus d'un siè-

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