‹ L'état pontifical après le grand schisme;Chapitre 33 sur 50 · CITTA DI CASTELLO ET BORGO SAN SEFOLCRO · texte numérisé non relu

CITTA DI CASTELLO ET BORGO SAN SEFOLCRO

Du côté de la Toscane, la haute vallée du Tibre formait le gouvernement de Città di Castello et de Borgo san Sepolcro, à l'extrémité septentrionale de l'Ombrie. Ces deux villes étaient réunies sous une même juridiction ; car, dans le Manuale des archives du Vatican, nous voyons que, le 23 avril 1432, le cardinal de S. Clément, camérier de la sainte Eglise, recevait le serment de fidélité de l'évéque de Tropea, qui venait d'être nommé gouverneur de Città di Castello et de Borgo san Sepolcro (1). L'union de ces deux villes ne doit pas nous étonner. Seule, en effet, Città di Castello, siège d'un évêché, avait rang de cité; Borgo san Sepolcro occupait un rang inférieur : c'était le chef-lieu d'un district rural, d'une terra soumise à Città di Castello, vrai centre du comté.

Confinant à la Toscane, Borgo san Sepolcro fut enviée par les ^ Borgo Florentins, qui essayèrent de la détacher de l'Etat de l'Eglise, comme avaient fait les Siennois pour Radicofani. A un certain moment, Eugène IV dut la leur donner, en gage, pour un prêt de 25,000 florins qu'ils lui avaient fait par l'entremise de Cosme de Médicis (2). Cette cession ne fut que temporaire; comme le stipulait l'acte d'emprunt, cette terre fut rendue à l'Eglise, une fois la dette éteinte; car, pendant tout le quinzième siècle, la ville de Borgo san Sepolcro appartint à l'Eglise. Elle était sujette immédiate du Saint-Siège, en 1436 : le 16 mai de cette année, le pape accordait une amnistie pleine et entière aux rebelles de ce pays, qui s'étaient déclarés pour Nicolas délia Stella, et s'étaient livrés, dans ces régions, au pillage et au brigan-

(1) Arch. du Vatic, Cameralia, n° 3, fol. 196.

(2) Bibl. Naples, IX, D. 5, fol. 85.

San Sepolcro.

dage (1). Le 12 octobre de la même année, la commune recevait du cardinal camérier, la tabula exitus^ c'est-à-dire l'état préventif des dépenses ordinaires (2). L'examen de cette tabula nous prouve, aussi, que Borgo san Sepolcro n'exerçait pas de juridiction sur les pays environnants; ce n'était pas une petite république municipale dominant un nombre plus ou moins grand de castra^ comme Orvieto ou Viterbe; c'était une simple commune relevant directement du pape. En effet, dans la liste des fonctionnaires qu'elle devait payer, nous relevons bien les mentions du podestat, des châtelains de la forteresse et des portes; mais, il n'est pas question de podestats ou de châtelains allant gouverner, en son nom, des pays vassaux (3).

ciLtà di casteiio. La ville de Gittà di Gastello était plus importante. Il est permis de le supposer, puisqu'elle était le chef -lieu d'un éveché et le lieu de résidence du gouverneur. On le voit d'ailleurs par l'examen de la tabula exitus que, le 12 octobre, le cardinal camérier envoya à cette ville comme à Borgo san Sepolci'O (4) ; dans Ténumération des fonctionnaires municipaux, auxquels la commune devait un traitement, se trouve un passage qui nous renseigne sur les possessions de Gittà di Gastello :

Capitaneo Vallis Tiberis florenos XV, mense quolibet. Capitaneo Montanee florenos XV, mense quolibet. Castellano cassaris Cellis florenos XVI, mense quolibet. ^ Castellano Seulochi florenos VIII, mense quolibet.

Castellano Pretalonge florenos VI, libras II, mense quolibet.

Le territoire de Gittà di Gastello s'étendait donc dans la vallée du Tibre, dont on nous mentionne le capitaine; il y était sans doute resserré entre la Toscane, les dépendances de Gubbio et celle de Pérouse. Gomme à l'ouest du Tibre, l'on arrivait bien vite dans le domaine des Florentins. Ges dépendances montagneuses de Gittà di Gastello, assez importantes pour occuper un capitaine spécial,

(1) Arch. du Vatic, Reg. 374, fol. 94.

(2) Ibid., Cameralia, 19, fol. 209.

(3) Les Archives du Vatican possèdent un petit registre qui nous renseigne sur la vie de cette commune ; c'est le livre des recettes et des dépenses [Inlroitus et exitus) de Borgo San Sepolcro, en 1431. Nous y voyons de quelles ressources disposait une petite ville des Etats pontificaux, quels étaient ses magistrats, comment elle s'administrait; on y saisit sur le vif la vie municipale. Ce petit registre porte le n° 394 de la collection de^/n/roitus et exitus.

(4) Arch. du Vatic, Cameralia, 19, fol. 208 v°.

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