‹ L'état pontifical après le grand schisme;Chapitre 34 sur 50 · CITTA DI CASTELLO ET BORGO SAN SKPOLGRO · texte numérisé non relu

CITTA DI CASTELLO ET BORGO SAN SKPOLGRO

devaient s'élever à l'est, entre Gittà di Castello et Urbin. Enfin, le passage que nons avons cité, nous donne le nom de certains villages fortifiés qui dépendaient de la ville, et en recevaient leurs châtelains.

Faible, si on le compare au domaine de prospères républi- lcs Moniefeiirc

' ' i. i i àCittàdi Castello.

ques municipales, ce territoire n'était cependant pas à dédaigner, puisqu'il excita d'ardentes convoitises. Aussitôt après la mort de Martin V, raconte Eugène IV lui-même, dans une de ses bulles (1), Gittà di Castello fut étroitement assiégée par certains hommes d'armes qui firent tous leurs efforts pour la prendre, et s'emparèrent de la plupart de ses villages et de la plus grande partie de son territoire. Pour leur disputer la conquête de cette ville, le pape dut envoyer contre eux Guidantonio de Montefeltre, qui rétablit l'autorité pontificale dans cette contrée et la gouverna, au nom du Saint-Siège, avec le titre de vicaire général in temporalibus. Lui aussi, convoitait le comté de Gittà di Gastello, qui complétait si bien sa principauté d'Urbin ; il est probable qu'il essaya de se perpétuer dans ce gouvernement provisoire et extraordinaire, que le pape lui avait confié, aux jours si difficiles de son avènement. Dans tous les cas, les habit;ints de cette ville lui prêtèrent ce dessein; car, pour les rassurer, le pa; e dut leur promettre, par un acte solennel du 19 février 1432, et sur l'avis des cardinaux, de ne jamais aliéner Gittà di Gastello, soit pour la donner en vicariat à quelque seigneur, soit pour l'assujettir à une autre ville, mais de la conserver toujours sous la juridiction immédiate du Saint-Siège (2).

Peu de temps après, ce furent les bourgeois de cette cité qui convoitèrent le comté et essayèrent de l'ériger, à leur profit, en une sorte de république communale autonome. Quelle en fut la cause? Il semble qu'on doive la chercher dans la poli tique faible et hésitante du pape : en même temps qu'il promettait aux gens de Gittà di Castello de ne les soumettre à personne, il accordait à Guidantonio de Montefeltre des privilèges qui contredisaient singulièrement cet engagement. Cette promesse est du 19 février; or, la veille, le 18 février, il lui avait accordé entière rémission pour tous les excès, meurtres et pillages qu'il avait pu commettre dans la répression de la révolte du comté et qui pouvaient le rendre inhabile à le gouverner (3), et le 20 février il lui confirmait, à lui et à

(1) Arch. du Vatic, Reg. 371, fol. 224. ^2) Arch. du Vatic, Reg. 371, fol. 227 v». (.3] Arch. du Vatic, Reg. 371, fol. 224.

ses fils, la possession de ses fiefs, terres et vicariats et, par suite, lui maintenait à lui et à sa famille^ le gouvernement de Gittà di Gastello. Que la révolte ait eu pour cause la duplicité de cette politique , rien ne nous l'assure ; mais ce qui est certain , c'est qu'elle éclata dans les derniers mois de 1432. La ville, dit le pape dans une de ses bulles , essaya de se soustraire à l'obédience de l'Eglise, et, le 20 décembre 1432 (1), Eugène IV dut envoyer contre elle, une. armée, sous le commandement d'un chef, dont le registre ne donne pas le nom, mais qui devait être Fortebraccio ; car c'est lui qui, en mars 1433, devait remettre à l'évêque de Forlî, lieutenant du cardinal-légat de Pérouse, la ville réduite à l'obéissance (2). La soumission devait être complète ; car, dans une bulle du 11 mars 1433, le pape, après avoir énuméré les excès de toutes sortes, commis parles habitants de Gittà, pendant leur révolte, leur accordait amnistie pleine et entière, et les relevait de l'interdit et de toutes les censures ecclésiastiques qu'ils avaient encourus.

Les Montefeltrc restèrent-ils vicaires temporels de Gittà di Gastello ? Ge qui semblerait le prouver, ce sont les plaintes incessantes qu'a consignées la ville de Pérouse, dans ses Annali decemvirali, contrôle comte Guidantonio, son puissant voisin; mais, peut-être s'agissait-il seulement des terres que Guidantonio possédait aussi, non loin du comté de Pérouse, en sa qualité de seigneur d'Urbin. Ge qui nous le fait croire, c'est qu'après 1433, le pape fait à plusieurs reprises, acte de juridiction immédiate sur Gittà di Gastello : il lui accorde des franchises municipales don t les registres du Vatican nous conservent la copie (4) ; le 8 décembre 1435 et le 14 septembre 1436 , il lui envoie des podestats (5). Enfin , le 12 octobre 1436, le cardinal camérier envoie au trésorier général de Gittà di Gastello et Borgo San Sepolcro, la tabula exitus de la ville et du comté de Gittà di Gastello (6). Tous ces actes ne permettent-ils pas de croire qu'après 1433, ces pays étaient rentrés

sous la domination directe du Saint-Siège ?

(1) Arch. du Vatic, Reg. 370, fol. 120 v°.

(2) Arch. du Vatic, Reg. 370, fol. 129.

(3) Arch. du Vatic, Reg. 372, fol. 163.

(4) Arch. du Vatic, Reg. 366, fol. 175 v" à 176. a Supplicationes et capitula pro parte oratorum communis civitatis Castelli. »

(5) Arch. du Vatic, Reg. 359, fol. 367 V.

(6) Arch. du Vatic, Cameralia, 19, fol. 208 v\

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