ANNIVERSAIRE PRÉCIEUX
tes ces considérations, et qu'il conçoive ensuite un grand déplaisir des fautes qu'il a commises contre ses vœux ; qu'il en fasse pénitence ; que, pénétré de douleur et animé d'un désir véritable de s'en corriger, il s'en confesse, en faisant une revue générale depuis la dernière rénovation des vœux (1).
Après ce retour sur le passé, le religieux s'excitera à renouveler ses vœux avec ferveur. Cette rénovation n'est pas, il est vrai, un nouveau lien qu'on contracte, elle ne fait que resserrer le nœud qui unit le religieux à Dieu. En la faisant, le religieux dit à Notre-Seigneur, que non seulement il ne se repend pas de s'être donné à lui, mais que s'il ne l'avait pas fait, il serait prêt à le refaire de tout cœur. Il s'estime heureux de pouvoir dans sa misère, offrir quelque chose encore, tout ce qui lui reste de vie, à celui qui a droit à tout. Il a tant reçu, il faut bien qu'il donne. N'est-ce pas plus heureux de donner que de recevoir ? Quel honneur que de pouvoir offrir un présent à un grand de la terre, présent qui soit agréé de lui ! C'est Dieu qui veut bien agréer encore l'offrande que le religieux lui renouvelle, qui l'invite même à la faire. Mon fils, lui dit-il, donne-moi tout cœur. Le religieux répond à cet appel, tout fier de faire pour Notre-Seigneur ce que ce bon Maître a fait pour nous. Il est probable, en effet, au sentiment de Suarez, que Notre- Seigneur a fait des vœux, et probable aussi qu'il les a renouvelés souvent. Quels vœux que les siens ! Le vœu d'être toujours pauvre, le vœu de sacrifier sa vie par obéissance. Ces vœux lui
(1) Saint Jure, l'Homme religieux.
étaient toujours présents : aussi parlait-il sans cesse de sa passion, même au jour de sa transfiguration glorieuse. J'ai à être baptisé dans mon sang, disait-il, et qu'il me tarde de subir ce baptême.he religieux estheureux de l'imiter en ceci; et il s'offre à vivre et à mourir pour cet aimable Sauveur, qui, blessé au cœur par cette générosité nouvelle, le comble de nouvelles grâces. Ah! si les religieux comprenaient tout ce que nous venons d'exposer, ce n'est pas chaque année seulement qu'ils renouvelleraient leur vœu, ils le feraient dans leur action de grâces chaque fois qu'ils reçoivent N.-S. par la communion, rendant tout à qui donne tout.
Et puis, il y a la retraite annuelle qu'ont prescrite tous les fondateurs d'ordres, que tous les Evêques prescrivent à leurs prêtres. C'est un devoir pour les Supérieurs d'en ménager le temps à tous leurs inférieurs. Q'est-il de plus important que de ranimer la ferveur parmi tous les membres d'une communauté ? Est-il un bien qu'il ne faille sacrifier pour lui procurer celui-là ? Dans ces retraites, on médite, on rentre en soi-même, on fait une revue, on renouvelle sa jeunesse comme celle de l'aigle ; et l'âme purifiée de nouveau, semblable à l'oiseau qui a pris un nouveau plumage, devient plus belle aux yeux de Dieu, et des hommes eux-mêmes. Et puis, quel zèle nouveau ne puise-t-elle pas dans sa retraite, pour tendre vers la perfection, pour vaquer aux saintes fonctions qu'elle exerce, pour faire le bien aux enfants, aux infirmes, aux vieillards, dont elle s'occupe !
La retraite des membres d'une communauté religieuse ne profite pas qu'à eux seuls; tous ceux qui sont en rapport avec eux, en ressentent les heureux effets, comme ils subiraient les consé-