CHAPITRE XXXV
LES ANNIVERSAIRES PRÉCIEUX POUR l'AME RELIGIEUSE
Il y a celui du baptême, où, régénérée par la grâce, elle a été appelée à l'admirable lumière de la foi, a été incorporée à l'Eglise de Notre-Seigneur, et a acquis droit, comme enfant de Dieu, à l'héritage du ciel.
Il y a celui de la première communion. A qui doit-il être plus cher qu'à l'âme religieuse ? N'estce pas, peut-être, en ce jour, que le Sauveur a déposé dans son cœur les germes de la vocation qui lui ouvrira le ciel, si elle est fidèle ?
Et l'anniversaire de la profession, que de souvenirs doux et profonds il rappelle. « Que ce jour soit compté entre les jours mémorables de notre vie, écrivait saint François de Sales. Oh! qu'il tienne le second rang après celui de notre baptême ! Jour du renouvellement de notre temple intérieur, jour auquel, par un échange favorable, nous consacrâmes notre vie à Dieu, pour ne plus vivre qu'en sa mort; jour fondement. Dieu aidant, de notre salut ; jour présage de la sainte et désirable éternité de gloire ;jour duquel
le souvenir nous réjouira, non seulement en la mort temporelle, mais encore en la vie immortelle. »
Et puis chaque année ramène la rénovation des vœux destinée aussi à renouveler l'âme dans les sentiments d'abnégation, de générosité et d'amour qui l'animèrent au jour béni de sa première consécration à Notre-âeigneur.
Cette cérémonie est capable de produire les fruits les plus heureux dans le religieux qui s'y prépare, par quelques jours de retraite, durant lesquels il recnerche avec soin ses manquements contre ses vœux, et considère le danger d'y être infidèle. On sait l'histoire d'Ananie et de Saphire, qui avaient retenu une partie des biens voués à Dieu. Saint Pierre dit au mari d'abord : « Ananie, pourquoi as-tu donné entrée dans ton cœur à la tentation du démon, pour mentir au Saint-Esprit et ravir à Dieu une partie du bien que tu lui avais promis ? Avant que de le promettre, et après avoir vendu ta terre, ce bien n'étaitil pas en ta liberté, et ne pouvais-tu pas en faire tout ce qu'il te plaisait ? Mais l'ayant promis à Dieu, comment as-tu pris l'injuste et malheureux dessein de faire semblant de lui donner le tout, et d'en réserver une partie ? Ce n'est point aux hommes, mais à Dieu que tu as menti. » Ces paroles frappèrent ce pauvre homme comme d'un coup de>ioudre, et il tomba raide mort aux pieds de l'Apôtre. Trois heures après, il en arriva autant à sa femme. L'exemple d'Ananie et de Saphire, dit à ce propos saint Fulgence, nous fait voir combien c'est un grand mal, et combien il faut soigneusement éviter d'entreprendre, par un attentat sacrilège, d'ôter à Dieu le bien qu on lui a voué, et même de s'en réserver une partie.
Que le religieux entre attentivement dans tou-