XLIV INTRODUCTION
particularité ingénieuse de ne proposer aucune mesure qui n'ait été déjà quelque part appliquée, n'apporte pas cependant avec lui toutes les garanties qu'il croit de l'efficacité future des mêmes moyens d'action ; et il n'est pas besoin toujours de recommencer ce qui a été tenté déjà, pour être sûr de réussir. La démocratie future trouvera quelques voies nouvelles.
C'est cet historisme excessif qui a donné à la doctrine de Menger son caractère trop purement étatiste. Car il est sûr que l'État est de toutes les puissances constituées la plus forte, et toute politique socialiste doit tendre à ses fins avec la collaboration de l'État. Mais il faut savoir s'il faut compter autant que le fait Menger sur l'État d'aujourd'hui, sur ses habitudes bureaucratiques et militaires, utilisées seulement pour une autre besogne, ou s'il ne faudrait pas d'abord transformer l'État lui-même. L'autorité impérative qui règne dans la gestion socialiste imaginée par Menger, son système de socialisation autoritaire, de création autoritaire des communes, de répartition étatiiste, et de justice administrative, sont de tels excès du traditionalisme politique. Et le principe juridique qui abolit tout régime de droit privé au profit du droit public, en est l'expression abstraite la plus naturelle. Le sacrifice de toutes les libertés contractuelles et sociétaires, celui de la liberté domiciliaire et de la liberté syndicale, et du contrôle démocratique de tous les pouvoirs par les Chambres, voilà les conséquences pratiques les plus sujettes à conteste de ce principe. Il est dès maintenant certain que le socialisme de Menger verra se dresser contre lui une