‹ L'été de la Saint-Martin (volume 4)Chapitre 23 sur 92 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

Adrienne. — Ah !

Briqueville, de plus en plus ému, mais finissant par vaincre son émotion, — Je vous regretterai bien moi aussi. . .

Adrienne, vivement, — Quant à cela, je le crois, j'en 5 suis sûre. . . . Qu'allez-vous devenir quand je ne serai plus là . . . quand vous n'aurez plus autour de vous une femme? . . .

Briqueville. — J'ai votre tante . . .

Adrienne. — Ah ! oui, ma tante ... je sais bien ... 10 mais ce n'est pas la même chose . . .

Briqueville. — Non . . .

Adrienne. — Je voulais dire une jeune femme . . . parce qu'enfin une jeune femme c'est toujours plus . . .

Briqueville. — Oui. 1 5

Adrienne. — Si encore ... je ne sais pas moi ... si encore vous deviez un jour pardonner . . .

Briqueville. — Pardonner ?

Adrienne. — Oui ... à votre neveu.

Briqueville, avec colère, — Ne me parlez pas de mon 20 neveu. . . .

Adrienne. — Sa femme est une jeune femme . . . elle viendrait ici, et alors . . .

Briqueville. — Ne me parlez pas de sa femme. Elle ici ! Chez moi! si elle osait y venir, je la. . . 25

(^Mouvement très violent. Il prend le livre et le jette avec fureur sur la table, )

Adrienne. — Ah ! {^Elle fait quelques pas vers la porte, )

Briqueville. — Eh bien ... où allez-vous ? . . .

Adrienne, au fond de la scène, près de la porte, — Je m'en 30 vais ... je pars. . .

Briqueville, après un temps, — Po\it(\mo\ ^^.xXlvt'l

Adrienne, redescendant vers Briqueville, — \^^vcv?.

Briqueville. — Pourquoi partir, je vous dis? . . .

Adrienne. — Le moyen de faire autrement?

Briqueville. — Il est bien simple le moyen: vous prenez une plume, de Tencre, une feuille de papier, (// va prendre S tout cela sur le petit guéridon de gauche y P apporte sur la table du milieu et tend la plume à Adrienne. ) et vous répondez à cette famille américaine que vous ne partez pas. . . .

Adrienne, allant très lentement s* asseoir à la table, — C'est on ne peut plus simple, lo Briqueville, // passe à droite — On ne peut plus simple.

Adrienne. — Et après?

Briqueville. — Après ?

Adrienne. — Oui. . . .

Briqueville. — Eh bien, après, vous resterez ici. 15 Adrienne. — Et qu'est-ce que je ferai ici? . . .

Briqueville. — Ce que vous y faites depuis quinze jours. . .

Adrienne. — Vous dans le fauteuil, moi près du fauteuil? Briqueville. — Oui.

20 Adrienne, se levant et descendant en scène, — tîum !

Briqueville, — Mais tout à l'heure vous disiez. . . Adrienne, sérieuse, — Je disais tout à Theure que j'avais, pendant un instant, oublié qu'une telle existence était impossible . . . elle l'est en effet. . .

25 Briqueville. — Pourquoi impossible ? . . . pourquoi ? Adrienne. — Mais . . . parce que. . .

Briqueville. — Parce que, quoi? qu'est-ce qu'elle vous donnait, Avec colère,) votre famille américaine? ... je vous donnerai le double, moi ... je vous donnerai le triple; je 30 vous donnerai ce que vous voudrez. . .

Adrienne, riant, — Toujours pour vous lire ?

Briqueville. — Eh oui. . .

Adrienne. — La pJace ne serait pas maMVîÀs^ . . • ^Ik

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