LA SA’INT-MAHTLN
demandé si, par hasard, vous ne sauriez pas jouer au piquet, vous m’avez répondu que vous mouriez d’ennui le soir, quand vous n’aviez pas trouvé à faire une demi-douzaine de parties... Je vous ai demandé si cela ne vous fatiguerait pas de me lire tous les romans d’Alexandre Dumas, vous m’avez répondu que cela ne vous fatiguerait pas du tout, et que vous y prendriez un plaisir extrême. Voilà comment, après avoir déclaré que je ne voulais pas vous voir, je suis arrivé à ne pouvoir me passer de vous, et comment vous êtes arrivée, vous, à faire de ces quinze derniers jours les jours les plus heureux peut-être que j'aie passés de ma vie.'
ADRIEN NE
Est-ce vrai? je voudrais que ce fût absolument vrai...
BRIQUE VILLE
C’est absolument vrai, mais pourquoi voudriez-vous?
ADR! EN NE
Parce qu’on pourrai! alors supposer que cette grosse colère commence à se calmer...
BRIQUE VILLE
Quelle grosse colère?
ADRIEN N E
Contre votre neveu...
BRIQUE VILLE
Ah ! quant à cela!
ADRIEN NE
Quant à cela?
BRIQUE VILLE
Quant à cela, non ! Ma colère contre lui est toujours la •
meme. (Allant se rasseoir et se renfonçant dans sou fauteuil. ) Ne parlons pas de lui. (Adrienoe va reprendre sa place près de la table. Briqneville la
rcgurde en souriant et murmure :) « D’Artagnan reste seul avec madame Bonacieux... n
ADRIEN NE, relevant la tète, après l’avoir penchée comme si elle allait se
remettre à lire.
Vous êtes bon cependant?