‹ L'été de la Saint-MartinChapitre 15 sur 99 · SCÈNE V BRIQUEVILLE, ADRIENNE, MADAME LEBRETON · texte numérisé non relu

SCÈNE V BRIQUEVILLE, ADRIENNE, MADAME LEBRETON

Madame Lebreton. — Monsieur ... 15

Briqueville. — Hein.^ quoi . . . qu'est-ce que c'est?

Madame Lebreton. — Il y a là quelqu'un . . .

Briqueville. — Qui ça quelqu'un . . .

Madame Lebreton. — Quelqu'un qui arrive de Paris. ...

Briqueville. — De Paris? ... 20

Madame Lebreton. — Oui, monsieur . . .

Briqueville. — A qui en avez-vous avec ces airs mystérieux? . . . voyons, parlez ... il a un nom ce quelqu'un?

Madame Lebreton. — Certainement il a un nom, mais . . .

Briqueville, se levant, — J'aime à croire que ce n'est 25 pas? . . .

Madame Lebreton. — Eh bien si, justement c'est . . .

Briqueville. — Noël! . . .

Madame Lebreton. — Oui, monsieur; c'est monsieur Noël, votre neveu; il est là . . .

Briqueville. — Il est là? . . .

Madame Lebreton. — Oui, et il attend. . . . S Briqueville, allant à madame Lebreton. — Eh bien, diteslui de ne pas attendre davantage et de s'en retourner par le premier train. Dites-lui cela de ma part, et faites en sorte que Ton ne me dérange plus. (// retourne vers son fauteuil en passant derrière la chaise d^Adrienne. Madame 10 Lebreton reste au fond près de la porte. A Adrienne.) Reprenons. Voulez-vous ?

Adrienne. — Non ; vous seriez maintenant incapable d'écouter, et je serais, moi, incapable de lire. . . .

Briqueville. — Ah !

iS ABRiENNEy fermant le livre. — Tout à fait incapable. . . . {^Elle se lève.)

Briqueville. — Qu'est-ce que cela veut dire.^ . . . vous prenez son parti contre moi. . . .

Adrienne, descendant en scène. — Pas du tout . . . pas du

20 tout ... je ne prends pas du tout ... je vous demande par-

• don, je sens bien que je n'aurais dû rien dire . . . mais, en

vous entendant chasser ainsi, avec des paroles si dures, un

neveu, votre seul parent, que vous avouez vous-même avoir

si tendrement aimé, il ne doit pas vous paraître extraordi-

25 naire que, malgré moi . . . Encore une fois, monsieur, je

vous demande pardon, je vous demande bien pardon . . .

Briqueville, venant à Adrienne. — A quoi bon le recevoir, puisque je suis décidé à ne pas faire ce qu'il vient me demander ? ... il ne me poursuivrait pas de la sorte, s'il 30 savait combien cela est inutile. {Madame Lebreton^ pendant ces répliques, passe à gauche et va s^ appuyer sur le dossier du fauteuil de Briqueville.)

Adrienne. — Il a tort, mais peut-être croit-il avoir à vous j ^çg raisons qui pourraient . . .

Page 1