‹ L'été de la Saint-MartinChapitre 16 sur 99 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Briqueville. — Des raisons! . . . après ce que je vous ai dit, vous admettez, vous, qu'il puisse y avoir des raisons ? . . .

Adrienne. — Pas moi, mais lui. . . .

Briqueville. — Nous étions si tranquilles ... si heureux . . . vous voilà triste maintenant ... et moi je suis tout ... 5 si je le recevais, ce serait pour en finir une bonne fois, pour lui ôter toute envie de revenir et pour le prier de ne plus me tourmenter ainsi. . . .

Adrienne, tristement — Recevez-le donc pour cela. . . .

Briqueville. — Vous le voulez alors? ... 10

Adrienne. — Moi . . . mais je n*ai pas à vouloir. . . .

Briqueville. — Dites-moi que vous le voulez et, à cause de vous, je le recevrai.

Adrienne. — A cause de moi?

Briqueville. — Vous le voulez ? 15

Adrienne. — Je vous en prie. . . .

Briqueville. — Dites que vous le voulez?

Adrienne. — Je ne puis vraiment pas . . . n'est-ce pas, ma tante ? . . .

Madame Lebreton, descendant en scène et venant à Brique- 20 ville, — Eh, dis-le donc, ma nièce ... je le dirais tout de suite, moi, si cela devait produire le même effet . . .

Briqueville, à madame Lebreton, — Ça ne produirait pas le même effet. {A Adrienne.) Eh bien? . . .

Adrienne. — Eh bien, soit ... je le veux. ... 25

Briqueville. — Il suffit. {A madame Lebreton. ) Diteslui de venir. . . .

Madame Lebreton. — Que de façons, mon Dieu, pour faire une chose dont vous mourez d'envie. . . . {Elle sort par le fond.) 30

Briqueville. — Quant à cela non, par exemple . . . votre tante se trompe ... je ne l'ai fait que parce que vous me l'avez demandé: et, à dire le vrai, j'aimerais tout autant

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que vous m'eussiez demandé autre chose. {Entrent Noël et madame Lehreton par le fond.)

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