‹ L'éternelle utopie étude du socialisme à travers les âgesChapitre 21 sur 49 · B2 L^ÉTERNELLE UTOPIE · texte numérisé non relu

B2 L^ÉTERNELLE UTOPIE

grations de l'espèce humaiDe, depuis son origine jusqu'à nos jourft, défilent sous nos yeux.

Nous serion? tentés de croire qu'au milieu de ces véritables nébuleuses de constitutions, un seul soleil projette ses rayons : la Constitution de Venise, la ville des Doges. Harrîngton a évidemment bien étudié son Contarini dont on emportait alors avec soi, comme lecture de voyage, la jolie petite édition elzévirienne, et il s'est sincèrement enthousiasmé pourle droit constitutionneidecette république. Une histoire succincte d'Angleterre, depuis les temps les plus recules jusqu'à Charles Y\ pleine de recherches approfondies et d'une critique ingénieuse, s'y trouve jointe. L*autear fait alors apparaître un conseil supérieur composé de neuf législateurs qui font des discours d'une longueur démesurée et qui défendent et vantent les constitutions d'Israël, d'Athènes, de Sparte, de Carthage, celle des Achéens, le droit public de Rome, de Venise, de la Suisse, des Pays-Bas. Après tous ces préambules, il arrive enfin au projet d'une Constitution poui son Océanay laquelle défie toutes les crises possibles, et qui est une république vraie et équitable. Ëquilibre des fortunes, changement des autorités, telles sont tinalement les pierres angulaires de sa doctrine d'État. La nature de chaque Constitution d*Etat dépend du mode de partage delà propriété foncière : telle est la formule que donne l'auteur. Pour lui cette formule est une découverte aussi féconde et aussi importante que celle de la circula* tion du sang, de la poudre à canon ou de l'imprimerie.

Les propositions d'Harrington ne s'appliquent que très peu aux bases de la société ; la seule qui ait trait aux rapports sociaux est que personne ne puisse jouir d'une rente foncière de plus de 50.000 francs, et qu*à cette somme aussi se iiuiileul les niajorals.

LA iSOLYELLE ATLANTIDE. OGEANA 153

L*autorité législative réside toul entière dans le Parle-

menl, «jui se compose d'un Sénat de ir(ji?> cents membres et d'une « Assemblée législative » de mille cinquante membres. Tous sont élus pour trois ans, etàTexpiration de cette période, ils ne sont pas rééfigibles pendant les trois années suivantes : chaque année, ilssonl renouvf'Iés par tiers. Celle représentation du peuple est analysée avec les «oins les plus méticuleux^ Le pays d'Océana est divisé en cinquante tribus, comprenant chacune vingt centuries et dix paroisses [pan'sh) ; il y a là de véritables analogies avec le droit administratif anglais.

Chaque lundi qui suit le 31 décembre, les p)u& âgés élisent dans la paroisse cinq personnes pour la députation. Cette élection prend une demi-journée, ajoute Harrington, en guise de détail. Gomme dans les restaurants de Londres, où Ton porte sur la note, en sus du prix des mets, le temps qu'on a mis à les préparer, il fait de même ici : le temps est de l'argent {Time is money).

Chaque lundi qui suit le 31 janvier, les députés élisent

dans la centurie le juge de paix, le coroner, le constaljle supérieur et les autres fonctionnaires. Durée : un jour.

Chaque lundi qui suit le mois de février, les représentants des centuries élisent dans les tribus les hauts fonctionnaires des tribus ou [toin- les Quarterly sessions, comme dirait un administrateur anglais. Durée : un jour.

Le jour suivant, on élit l'assemblée annuelle {anntml galaxy). Chaque tribu élit douze députés pour TAssemblée primaire : les chevaliers (les électeurs se divisent, en eQ'et, en chevaliers et fantassins, suivant qu'ils ont un revenu supérieur ou inférieur à 2.500 francs) élisent en outre un député et six membres du Sénat^ qui entrent en fonctions le premier mars.

Page 1