LL. — Grandrue
P. — l'kce d'urniea. « A. — Cour d'honneur, jardin d'hi rrr, etc.
tt, oa, 0, 00. — i'iaces, cours (aa pour la cuisine et les écuries; O.oo pour les
professions bruy&nles, etc.).
*** — 1. >loi)!i,i l< s. — : : : : Couloirs au éuget sur des colonnes, entre deux
bâtiments, pcMiltes, etc.
X, y. z. j:.r. yij, ss, — Fermes pour Tagricutture, etc. J'J, Cf ce. — l'Drtails.
6', xs. — EKlise et théâtre.
Dans les b&timeots situés autour de A. seront installées les professions paisibles,' ; la Bourse, le Tribunal, la Poste aux pigeons et les logements des classée riches. |
trois au talent ; ces parts sont distribuées d*abord entre
les sénés, [iijis entre les groupes, el ainsi de suite. Dans les phalanstères, la loi du devoir est remplacée par celle
des passions ; ce que nous appelons immoralité ou crime n'est que le résultat de fausses relations sociales ; dans les phalanges, chaque caractère pourra se développer librement; c'est ainsi qu'on atteindra au bonheur. Comme il y a douze passions radicales dans Thommo, il peut y avoir, par les combinaisons du calcul, 810 caractères différents que Fourier appelle clavier général de caractères. Ce tableau est exact, mais en ce sens seulemeiiL qu'il compare les douze passions Pondameiilales aux douze tons de la gamme, y compris les demi-tons. On s'efforcera, autant que possible, de réunir dans chaque phalange toutes les sortes de caractères. Chacun suivra ses instincts ou ses passions.
Comme il n'y a dans cet État barmonien ni force coercitive, ni idée du bien et du mal, et que chacun n*a d'autre loi que son bon plaisir, il est à craindre quVn réalité un pareil Ëtat ne soit guère basé sur l'harmonie. Les conceptions de Fourier sur les relations des sexes sont très scabreuses. Il conserve, il est vrai, le mariage, mais en le tempérant par la polygamie et la polyandrie. Une femme peut avoir en même temps d'abord un mari, dont elle aura deux enfants, deuxicmement un géniteur, dont elle aura un enfant, troisièmement un favori et, en quatrième lieu, de simples auiants. De ménrje,pour les hommes. A celle pol\>iainie et à cette polyandrie viendra s'ajouter un régime spécial de nourriture rationnelle, car chez les Uarmoniens la gourmandise, sous le nom de gastrosophie, s'élève k la il auteur d'une science cl aboutit finaleaienl à l'obésilé : un tel régime pourra limiter la iécondité, il est vrai (bien que le genre humain soit évalué à trois milliard';, parmi lesquels se trouvent trente-sept millions de poètes comiques à la Molière). Voilà donc
ÉTEBNBLLB UTOPIE. 16
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un idéal qui, jusqu'ici, n'avait pas été dépeint : TÉtat \ des personnes grasses. Ces personnes grasses vivent j 144 ans, et pendant 120 ans l exercice actif en amour est possible. Une femme de 80 ans possède encore tout le charme de Ja jeunesse, La mer sVst transformée en limonade, des baleines traînent des navires et des hippopotames servent de pilotes. Telles sont les fantaisies de Fourier, qui furent défendues en France et en Angleterre par des journaux spécialement fondés dans ce but. Après sa mort (1837), différents disciples cherchèrent aies mettre en exécution, mais ces tentatives échouèrent* L*homme éprouve une aversion pour la vie en commun, et, seul, Tenthousiasme religieux peul la surmonter. Dans les comimuiaules religieuses, l'idée d'association a été réalisée bien auparavant (chez les frères Moraves par exemple), et c*est à tort qu*on a donné Fourier comme en étant Tauteur.
Owen, Saint-Simon et Fourier servent de transition k la science sociale moderne. On peut encore les considérer comme des utopistes, bien que leurs œuvres ne soient pas enfantées par le rêve, Â partir de ce moment, arrivent à leur suile les recherches scientifiques de Louis Blanc et de Marx, qui ne trouvent pas leur place ici. Les trois systèmes cités plus haut exercèrent une grande influence et furent amendés et transformés de différentes manières, par exem[)le, par Weitling, ouvrier tailleur allemand, qui, de 1840 à 1845, trouva quelques partisans en Suisse et en Angleterre.
Mais le temps était venu où un écrivain de romans allait reprendre la plume : ce f»it Mlienne Cabet, qui ajouta un iioiivt I .mneau à la ciialue des romans à la Morus et à la Morelly. Ëtienne Cabet s'était nourri des systèmes des auteurs nommés plus haut. Né
à Dijon le V juillet 1788, il était fils d*un tonnelier. Il étudia la médecine et se fit recevoir docteur en droit.
Frappé, en 1815, d'une peine disciplinaire (trois muis de suspension comme avocat), il s'aflîlia plus tard, aigri peut-être par cette mesure, au groupe extrême du parti républicain. Après la Révolution de Juillet, il occupa un emploi au Ministère de la Justice et obtint ensiiile celui de procureur du ïioi en Corse, mais il s'éleva en même temps d*une manière si exagérée contre l'organisation sociale existante que ]e Ministre de la Justice, Barthe, son vieil ami, dut le révoquer à la date du "9 mai 1831. A la suite de nombreuses poursuites, qui se terminèrent toutes par des acquittements, il fut condamné, en mars 1834, à deux ans de prison pour excitation à la guerre civile. Il s'enfuit à Londres, et utilisa ses loisirs à écrire une histoire de la Révolution française qui n'est que la glorilication du radicalisme le plus extrême. Tout en préparant d'autres ouvrages historiques, il s'attacha à la lecture de rutoyie de Thomas Morus, dont il ne connaissait pas encore l'original. Aussitôt elle lui fournit l'occasion, ainsi qu*il nous le raconte lui-même, de développer son système politique sous forme de récit et d'écrire son célèbre roman d'État : Le Voyage en Icarie^.
* Le Voyage en Icarie, par Cabet, parut en 1842; S« édition en 1848; traduit en allemand par Wendel Hippler (1847). Comparer A. Shaw, îkavia; traduction allemande de Jagobi (Stuttgart, 1886).