VOYAGE EN IGARIE DE CABET
Les utopistes qui, d*un coup de pinceau hardi, ont dépeint avec devivea couleurs, et peul-ètre, pourrait-on
din» ♦»n erTj ployant la lermiuulogie niuderne, d'une brus.-c lé^ava et habile, le. pays inerv* ! lieux qu'ils ont imaginé, apparaissent nettement à l'historien comme les enfants d*une époque dont la réalité se reflète dans leurs bizarres tableaux encbanlés. Il en est ainsi du roman de Ciibet que nous clioisissuus pour l'étudier coiiiine le plus important de notre siècle. L'ËLat juste de Platon nous a Tourni le type des opinions aristocratiques de l'antiquité. Vile d^Utopie, où habitent des hommes à l'état de nature, est rempli d'un esprit et d'un souille réformateur et libre. La Cité du Soleil^ de C^ampanella, représente Tidéal de la scolastique à son déclin ; le bon* heur des peuples se laisse entrevoir dans la science, alors que, au contraire, Andrcae oîTre Tinri.rze du bonheur, basé sur la foi chrétienne évangélique. Bien diilerenl de ces auteurs, Élienne Cabet, dans son Voyage en Icarie^ déroule devant nous un tableau fait de splendeur terrestre, tel que le rcvo la sensualité de notre siècle.
Le roman do Cabet aélé rédigé sur un modèle anglais peu connu : Voyages de lord W. Carisdal en learie^ par F. Âdam. Il est écrit avec une éloquence parfois entraiiiante, toujours brillante ; le style en est quel-
VOYAGE £N ICAKIE
qaefoîs ampoulé ; le but avoué de Tauteur est de
gagner le Cttur des femmes. A la différence des autres ouvrages, nous trouvons ici une division en trois parties principales. La première nous donne la description précise du pays et des habitants; la seconde, i^histotre de ce peuple; la troisième contient renseiiii»! ' des principes auxquels l»\s Icariens doivent leur boniieur. t^es principes 86 font, d nii leurs, reconnaître par le symbole politique qui est digne d'attirer noire attention par la forme comme par le fond, el figure sur le titre même du livre :
FRAÏliHNITÉ.
TOUf» POUR CKACUft.
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