‹ L'Éther: Considéré comme agent d'anesthésie généraleChapitre 10 sur 42 · LAITUES · texte numérisé non relu

LAITUES

VerTus. — Elles humectent, elles rafraîchissent en calmant le trop grand mouvement des humeurs, elles adoucissent l’âcreté du sang, elles concilient le sommeil, elles augmentent le lait aux nourrices, elles entretiennent la liberté du ventre : on les prend en substance ou en décoction : on s’en sert aussi extérieurement en frontal, en fomentation, dans les onguens, pour modérer l’inflammation et les douleurs.

Erymococis. — Laitue, à Zacte, parce que cette plante abonde en suc laiteux.

OprIüM.

.… L'opium en larme ne se trouve en aucun endroit, nous n'avons que le #2econium qui est un suc tiré par expression des têtes et des feuilles des pavots de l'Egypte et de la Grêce.

Cnoix. — Ildoit être choisi pesant, compact, net, visqueux, de couleur noire tirant un peu sur le roux, d'une odeur désagréable et dégoütante, amer et un peu àcre au goût. Le plus estimé était autrefois celui qui venait de Thèbes, d'où vient qu’on demande encore dans beaucoup de dispensations opium Thebaïcum ; mais il en vient présentement d'aussi bon de plusieurs autres lieux. Il contient beaucoup d'huile et de sel volatil. ;

VERTUS. — Il est propre pour épaissir les humeurs, pour exciter le sommeil, pour calmer les douleurs, pour arrêter les cours de ventre, le vomissement, les hémorrhagies, le hoquet, pour provoquer la sueur, pour les maladies des yeux et des dents.

Dose. — La dose depuis demi-grain jusqu’à deux grains.

COMMENT L'OPIUM EXCITE LE SOMMEIL. — L'opium excite le: sommeil par une partie visqueuse ou sulfureuse qu'il contient, laquelle ayant été chariée dans les canaux du cerveau par sa partie volatile, aglutine et embrasse les esprits animaux, ensorte qu'ils sont empêchés pour quelque tems de circuler avec autant de vîtesse qu'ils faisoient. Cette aglutination des esprits suffit pour faire le dormir ; de même que le mouve-

ment et la circulation de ces mêmes esprits suffisent pour expliquer les veilles…

ETYMOLOGIE. — Meconium, à paxwv, papaver, parce que le meconium est tiré du pavot.

On imbibait une éponge avec les sucs de ces plantes, puis on plaçait cette éponge sous le nez des malades qu’on allait opérer. L'opération terminée, on réveillait les patients en remplaçant l'éponge narcotique par une autre éponge imprégnée de vinaigre ou avec du suc de rue qu'on leur introduisait dans les oreilles.

Les Chinois, paraît-il, recouraient aux narcotiques pour diminuer la douleur chez les patients qui avaient quelque opération à subir. C’était le ma-yo, le Haschych, qu'ils employaient à cet effet. Le chirurgien Mazeo de la Montagne, de l'Ecole de Salerne, possédait, à ce que raconte Boccace (Il decameron, 39° nouvelle), une eau merveilleuse à l’aide de laquelle il endormait ses malades pour les opérer sans douleur. Enfin il paraît que certains empiriques turcs, avant de pratiquer la circoncision, savaient également endormir leurs sujets (Velpeau).

Jusqu'ici nous avons vu les chirurgiens n’employer pour atténuer les souffrances des patients que les narcotiques proprement dits, exception faite pour la pierre de Memphis si son mode d'action est réellement celui que lui attribuent MM. Perrin et Lallemand et M. Dastre. Il faut, en effet, arriver à l'époque où l’observation raisonnée, l'expérience, se substitue à l’empirisme, à l’époque où la chimie prend la place de l’alchimie, pour voir apparaître les anesthésiques vrais. Sans doute ces substances ne sont pas employées dès le premier moment comme anesthésiques, mais déjà on observe leur action, on en consigne les effets. Dès lors,1l nous est possiblede donner ànotre chronologie des dates positives.

Nous laisserons de côté, dans l'énumération qui va suivre,

Les

les procédés d’anesthésie générale qui dérivent de l'hypnotisme, tels que le mesmerisme par exemple, ces procédés ne comportant l’intervention d'aucun agent anesthésique proprement dit. On en trouve l'exposé fort intéressant dans le travail de M. A. Bidault, sur les premiers essais d'anesthésie chirurgicale (Thèse de Paris, 4890). Nous ne parlerons pas non plus de l'alcool dont l’ivresse ne pourrait devenir qu’occasionnellement un procédé anesthésique.

1772. — ACIDE CARBONIQUE. — Anesthésie locale. — Percival, qui l’'employait en inhalation chez les phtisiques et en obtenait de bons effets, l'essaie dans des cas d’ulcères sordides et de cancers ; il parvient à calmer la douleur (Salva, Thèse de Paris, 1860).

1784. — James Moor, chirurgien anglais, préconise la compression sur les troncs nerveux pour obtenir l’anesthésie (voir 1837).

1790. — Beddoes fonde, avec Humphry Davy pour pré-. parateur, le medical pneumatic institution. Dans cet établissement, nombre de jeunes médecins et d'étudiants, Davy en tête, essayent sur eux-mêmes les singuliers effets de gaz exhilarant, le protoxyde d'azote. Mais ce n’est là qu’un jeu ; on ne s'y livre que par curiosité, pour le plaisir, sans se douter qu’un jour ce gaz deviendra l’un de nos principaux agents anesthésiques.

1794. — ACIDE CARBONIQUE. — Anesthésie locale. — In-. genhousz, médecin hollandais qui habita longtemps l'Angleterre, obtient une sédation très marquée à l’aide de l’acide carbonique sur la peau dénudée.

1795. — Thornton, qui employait l’éther à titre d'agent sédatif, observe incidemment un cas d’anesthésie complète, mais il n’en tire aucune induction.

1799. — H. Davy publie les effets singuliers qu'il a observés après l’inhalation du protoxyde d’azote (oxyde nitreux).

en

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