‹ L'Éther: Considéré comme agent d'anesthésie généraleChapitre 24 sur 42 · RENE · texte numérisé non relu

RENE

musculaire, des malaises, des vomissements. Plusieurs fois, ses malades ayant eu de l'agitation, il a répété les inhalations.

Amussat signale à son tour le cas d’une femme qu'il à voulu endormir mais qui fut prise d’envie de vomir à cause, sans doute, de l’impureté de l’éther. IL ajoute: « Le sang artériel, au lieu d'être rouge, présente une couleur foncée, presque noire, analogue à celle du sang veineux. Il reprend sa couleur ordinaire dès qu’on cesse de faire respirér à l’animal des vapeurs d’éther ». Il refait ensuite la communication qu'il a déjà faite à l’Académie de médecine, le 9 février, sur l’état des organes des animaux morts sous l'action de l’éther.

M. Landouzy, dans une lettre, fait part du résultat de ses expériences sur l’inflammabilité de l’éther. Il a expérimenté sur des chevaux, des chiens et des lapins ; il conclut ainsi : 1° lorsqu'on approche de le bouche ou du nez un corps en ignition, immédiatement après que l'appareil à inhalation a été enlevé, les vapeurs exhalées par l'animal s’enflamment subitement ; ce nuage de feu dure au plus vingt secondes et s'éteint spontanément sans produire d'autre inconvénient qu'une légère brûlure des poils ; 2° lorsque l'appareil a été enlevé depuis plus d’une à deux minutes, les vapeurs exhalées par la bouche ou par les narines cessent de pouvoir s’enflammer. |

Le 23 février, à l’Académie de médecine, P. Dubois rappelle que Bouvier, dans cette assemblée, et Velpeau, à l’Académie des sciences, ont exprimé l'espérance que l’inhalation d’éther pourrait être utile dans la pratique des accouchements. Déjà employé par Fournié, Deschamps, dans un cas nécessitant l’usage du forceps, par Simpson pour une version, il lemploya lui-même deux fois avec succès dans des cas de forceps. Il n’observa pas de douleur, mais il se demande si les contractions utérines persistent pendant

léthérisation. Il a eu trois cas dans lesquels les douleurs violentes qu'éprouvaient les parturientes l'ont décidé à employer l'éther. De ces trois cas il conclut : 10 que les inhalations d'éther peuvent prévenir les douleurs dans les opérations obstétricales ; 2° qu’elles peuvent suspendre les douleurs physiologiques de l’accouchement ; 3° qu’elles ne suspendent ni les contractions utérines ni les contractions des muscles abdominaux ; 4° qu’elles affaiblissent la résistance naturelle du périnée ; 5° qu’elles n’ont pas paru agir défavorablement sur la santé et la vie de l'enfant.

Il y a évidemment contradiction entre la pensée de Dubois et son expression. Il dit que les inhalations d’éther ne suspendent pas les contractions des muscles abdominaux mais qu’elles affaiblissent la résistance naturelle du périnée. Or les muscles du périnée comme les muscles abdominaux sont des muscles volontaires. De plus, il ajoute dans la discussion qui suit sa Communication : deux ordres d'organes concourent à l'accouchement : l'utérus d’une part, les muscles abdominaux de l’autre. La volonté ne peut certainement rien sur le premier ; elle agit au contraire sur les seconds, et ce n’est qu’ainsi que l’on peut se rendre compte de ces accouchements où la volonté de la femme a paru jouer un rôle. Cette contradiction ne peut s’expliquer que parce que dans les cas qu'il a observés il n’a pas poussé l’éthérisation jusqu’à la résolution musculaire complète.

Gerdy demande ensuite à Dubois si l'enfant né dans de telles conditions, à paru souffrir. Dubois répond qu’il a noté que le pouls était fréquent ; il donnait 160 à 470 battements à la minute, au lieu de 130 à 140 que l’on compte ordinairement.

M. Blandin à remarqué, dans la communication de Dubois, qu'une des femmes en couches, soumises à l’éther, aurait été dans un état apoplectique avec ronflement stertoreux ; il s’en étonne, car il n'a jamais observé rien de

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