AGDE
phénomènes de cyanose et de dilatation pupillaire s’'amendent rapidement.
Le sommeil est calme. On compte 36 mouvements respiratoires par minute. ;
Après un quart d'heure d’éthérisation les pupilles sont moyennement dilatées. Il n’y a que peu de mucosités buccales. L'épilepsie spinale toujours localisée aux membres inférieurs est maintenant très accusée. Les réflexes rotuliens restent normaux. La cyanose de la face est très légère. Pas d’épilepsie spinale aux membres supérieurs dont les réflexes sont normaux.
L’anesthésie dure 20 minutes. La quantité d’éther employée est de 70 centimètres cubes. La malade se réveille au bout de 5 minutes.
Pas de vomissements pendant la durée de l’anesthésie, mais, dans la journée qui suit Péthérisation, il s’en produit d’analogues à ceux qui suivent la chloroformisation, mais en faible quantité.
Le lendemain soir, 2 septembre, les réflexes sont normaux, mais on détermine quelques secousses de clonus du pied. Le jour suivant ces phénomènes ont disparu.
Les urines contiennent de l’albumine, de l’urobiline, mais pas de sucre. Elles en contiennent encore pendant quelquesuns des jours suivants.
Os. VI. — Femme âgée de 47 ans, opérée le 10 novembre pour un fibrome utérin. Etat général bon; rien au cœur ni aux poumons, urine normale. Pas d’anesthésie antérieure.
On place le masque de Wanscher à 3 ou 4travers de doigt des voies respiratoires et on l’approche graduellement, de telle sorte qu'il arrive à couvrir hermétiquement la bouche et le nez à la fin de la première minute. Pendant quelques secondes, légère excitation marquée par quelques mouvements de défense.
L'anesthésie complète est obtenue en # minutes. À ce moment, le réflexe conjonctival a disparu. La face est rosée mais la congestion ne s’étend pas au thorax. Un léger soulèvement
de 103 —
du masque, pour RE passer un peu d’air, suffit à rendre la congestion presque imperceptible.
La sécrétion salivaire est exagérée pendant toute la durée de l’ânesthésie. Mais il est inutile d’essuyer la gorge ; il suffit de tenir la tête inclinée pour que la salive s’écoule et d’essuyer celle-ci autour de la bouche avec une compresse.
La respiration est profonde, régulière pendant toute la durée de l'anesthésie ; elle donne 30 respirations par minute. Aucune quinte de toux ne se produit, Le pouls demeure fort, régulier, avec 108 pulsations par minute. Pas de hoquet, pas de vomissements. |
Les pupilles sont petites sans être ponctiformes et se maintiennent ainsi jusqu’à la fin de lanarcose. Au début on observe un léger nystagmus latéral. Le réflexe patellaire est aboli. L’épilepsie spinale est très prononcée ; elle est bilatérale et persiste aussi jusqu’à la fin de l’éthérisation.
L’anesthésie dure une heure cinq minutes. 160 centimètres
cubes d'éther ont été employés.
Immédiatement avant l’anesthésie la température axillaire est de 36°9, elle n’est plus que de 36°1 un quart d’heure après, soit une variation de ( 8 entre les deux températures axillaires prises à un quart d’ heure d'intervalle.
Le réveil arrive très rapidement en quelques minutes ; toutefois la malade ne recouvre son état normal qu'une heure après la fin de l’éthérisation. Pendant ce temps elle parle et est légèrement agitée. Il ne se produit pas de vomissements ni autres troubles consécutifs.
I n'y à pas d’albumine dans l'urine.
Os. VITRE Femme de 21 ans, opérée le 10 novembre 1894
pour une salpingite double (laparotomie : extirpation des,
annexes). Nerveuse, pas de lésion cardiaque ni pulmonaire ; bon état général. Urines normales. Une anesthésie antérieure avec le masque de Julliard, dou Biée d’agitation et de vomissements.
On approche el Cut le masque de Wanscher des voies respiratoires. L’anesthésie complète est obtenue en MERCIER : UT
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5 minutes sans qu'il se produise d’agitation. Le réflexe con- 2 jonctival est aboli; les pupilles sont légèrement contractées Fe (il en sera de même jusqu’à la fin de l’anesthésie). Pas de | nystagmus. La sécrétion salivaire est légèrement augmentée.
La face est assez fortement congestionnée, mais non cyanosée ;
il suffit de soulever légèrement le masque pour que la conges-
tion s’efface en grande partie. Il ne se produit pas de vomis-
sements ni de toux pendant lanesthésie. La respiration est
forte, régulière; on compte #6 mouvements respiratoires par si minute. Toutefois on est obligé de se servir de la pince à langue dès le début de l’anesthésie. Le pouls est plein, régulier et donne 110 pulsations à la minute. Pas d’épilepsie spinale. Le réflexe rotulien en est aboli.
L'éthérisation dure 45 minutes. On a employé 135 centimètres cubes d’éther.
La température avant l’éthérisation est de 3608 ; elle tombe à 36% un quart d'heure après, soit une différence de 0°3.
Le réveil survient au bout de 10 minutes. La malade est un peu agitée : elle parle et pleure de temps en temps pendant une heure. Un vomissement sans effort se produit après l’anesthésie. Pendant les trois jours suivants, douleurs lombaires.
Pas d’albumine dans l'urine.
Ogs. VIII. —- Femme de 34 ans, opérée le 13 novembre pour un kyste de l’ovaire (laparotomie). Etat général bon ; aucune lésion cardiaque ni pulmonaire. Urine normale. Pas d’anesthésie antérieure.
On approche graduellement le masque des voies respiratoires et l’anesthésie est obtenue en 5 minutes, sans qu’il se produise d’agitation. Les pupilles sont moyennement contractées et demeurent ainsi pendant toute la durée de l’éthérisation. : Pas de nystagmus. La face est congestionnée, mais cette congestion disparait dès que, l’anesthésie étant complète, on & soulève légèrement le masque: La sécrétion salivaire est un me peu augmentée. Pas de vomissement ni de toux pendant l'anesthésie. Mais on pince la langue. Pas d’épilepsie spinale ; le réflexe rotulien est aboli. La respiration est régulière et pro-
fonde ; on compte 40 mouvements respiratoires à la minute,
Le HAE est fort, régulier, et donne 132 pulsations dans le.
= même laps de temps.
La température, avant Do nesthéne est de 368 ; elle n’est plus que de 360 un quart d'heure après, soit une différence de 08.
Le réveil survient cinq minutes après la fin de l’éthérisation. Pas d'agitation ni de vomissements consécutifs. Pendant deux jours, souffrances dans la région lombaire.
Pas d'albumine dans l'urine.
O8s. IX. — Femme âgée de 60 ans, opérée le 143 novembre 4894, pour un kyste de l’ovaire (laparotomie). Bon état général; pas de lésion cardiaque ni pulmonaire ; urines normales. Pas d’anesthésies antérieures.
L’anesthésie complète est obtenue en 3 minutes 4/2. À ce moment le réflexe conjonctival est aboli. Les pupilles sont resserrées et le resteront pendant touteladurée de l'éthérisa-
tion. Pas de nystagmus. Aucune agitation. La sécrétion sali-
vaire est très légèrement augmentée, Pas de vomissements ni de toux, on place la pince à langue. La respiration est régulière et forte, avec ses caractères habituels pendant l'éthérisa-
tion. On compte 42 respirations par poste et 90 pulsations
régulières et fortes.
L'anesthésie dure 35 minutes. On ne 100 centimètres cubes d'éther.,
La température, de 368 qu’elle était avant l’anesthésie, tombe un quart d'heure après à 3509, soit un écart de 0°9. Quelques minutes après la fin de l'éthérisation, la malade se réveille complètement. Pas d’agitation ni de vomissements conséculifs.
Rien dans les urines.
Os. X. — Femme âgée de 43 ans, opérée le 20 novembre 1894 pour un cancer. du sein. Bon état général. Rien au cœur ni aux poumons. Urines normales, Une anesthésie antérieure au chloroforme.
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L'anesthésie est obtenue en 7 minutes, le masque étant rapproché graduellement de la figure. Pas d’agitation. Les pupilles sont petites sans être ponctiformes ; elles resteront ainsi jusqu'à la fin de l’éthérisation. La face est congestionnée, mais iln’y a pas de cyanose. La salivation est légèrement augmentée. Pas de vomissements ni de toux. La respiration est profonde et très régulière ; on compte par minute 32 respirations. Le pouls, plein, régulier, donne 124 pulsations dans le même temps. Le réflexe rotulien est normal. L'épilepsie spinale est bilalérale et très marquée ; elle persiste pendant toute la durée de l’anesthésie. À :
Celle-ci dure une heure. On a employé 125 HU cubes d’éther. : :
La température est, avant l’anesthésie, de 37°2, elle obe une demi-heure après à 3502, soit une différence de 2°.
La malade se réveille 10 te après la fin de l’éthérisa-
tion, Pas d’agitation ni de DER ren consécutifs.
Urines normales. É \ «
Nous allions écrire nos conclusions lorsque nous avons trouvé — et nous nous empressons de la signaler — dans la 7'ribune médicale, une étude sur l'éthérisation, de notre
ami, M. le D' Mauclaire, prosecteur à la Faculté.
Son travail est une revue rapide des faits intéressant la question. Nous y notons particulièrement les passages qui se rapportent au traitement des acciderits de l’anesthésie | éthérique. Fe
L’éther, dit M. Mauclaire, détermine la syncope respiratoire avant la syncope cardiaque, on pourra donc combattre
heureusement cet accident par la respiration artificielle, la - flagellation de la face, l’électrisation concurremment avec
les tractions rhytmées de la langue, selon le procédé de Laborde, enfin la trachéotomie (1). En cas d’arrêt du cœur on recourra au tapotement de la région précordiale.
(1) M. Poncet, de Lyon, rapporte dans le Mercredi médical, décem-
OT
- Chez les cardiaques, les anémiques, les alcooliques, on emploiera l’éther avantageusement.
- Enfin M. Mauclaire fait remarquer que les accidents de l'éther surviennent chez des gens toujours tarés, tandis que ceux observés avec la chloroformisation surviennent aussi bien chez des gens bien portants.
Disons encore un mot de la pneumonie consécutive à l’éthérisation, dont les journaux de médecine rapportent quelques cas en ce moment. Nous avons dit, en traitant de la physiologie de l’anesthésie que cette pneumonie était due à Faction des vapeurs d’éther sur les voies respiratoires (irritation). M. Nauwerck, de Kænigsberg (1), attribue cette complication de l’éthérisation à ce fait que, pendant l'anesthésie; la langue et l épiglotte étant paralysées, la sälive, pleine de microbes pathogènes, rétrograde dans les voies respiratoires. Gette explication n’est pas à dédaigner. En effet, d'une part, l'excitation, l’exagération de la fonction des muqueuses bronchiques, met ces muqueuses en état de réceptivité, c'est-à-dire les transforme en un excellent milieu de culture ; d'autre part les muscles de la langue, de l’épiglotte, du voile du palais et des joues, étant paralysés pendant l'anesthésie, la salive, toujours infectée, peut s’écouler en par- tie, malgré la prédominance des mouvements expiratoires sur les mouvements inspiratoires, dans la trachée et dans les bronches ; de là l’infection consécutive du poumon. Sinon assuré que les choses se passent ainsi, du moins convaincu qu'elles peuvent être telles, nous croyons raisonnable de préconiser les lavages antiseptiques de la bouche avant l'éthérisation et dans les premières heures de l'éthé-
bre 1894, deux observations de malades chez lesquelles (c’étaient des femmes) ‘la trachéotomie a été avantageusement pratiquée, après syncope post-anesthésique.
(1) NAUWERK, Anesthésie par l’éther et pneumonie consécutive. La médecine moderne, 16 mars 1895. Deutsche med. Wochenschrift,
PS
risation, tout au moins jusqu'à ce ie la fonction des muscles qui président à l’ingestion ou à à l'expulsion de la salive soit rétablie. |
En dernier lieu, signalons le procédé recommandé par M. P. Rosemberg (1) pour remédier à la syncope primitive. M. Rosemberg recommande de faire moucher le malade avant de l’éthériser pour débarrasser les fosses nasales du mucus qui s’y trouve et de diriger dans chacune de celles-ci, à l’aide d’un pulvérisateur, le jet d’une solution de cocaïne à 10 pour 100, d’abord dans la direction inférieure de la fosse nasale, ensuite obliquement de bas en haut, de manière à injecter dans chaque fosse nasale environ 2 centigrammes de la solution. L’anesthésie locale, obtenue de la sorte, mettrait à l’abri de la syncope laryngo- réflexe. Mais nous savons qu'avec l'éther ce genre de syncope paraît inconnu. Le procédé de Rosemberg serait donc surtout applicable à la chloroformisation.
Nous voici arrivé au terme de notre travail. Nous avons fait aussi complet que possible cet historique de l'éther considéré comme agent d’anesthésie générale, et nous n’aurions rien à ajouter si nous ne devions à la bienveillance de notre excellent maître et ami, M. Chaput, la communication de quelques pages de son travail, encore inédit, sur la question. C’est une bonne fortune pour nous que de pouvoir reproduire ces pages. Elles résument les résultats que M. Chaput a obtenus de la pratique de l’éthérisation, dans
son service à l’hospice de la Salpétrière. Il va sans dire que ; les conclusions de notre maître sont également les nôtres.
‘ (1) Presse médicale, 1895, 16 mars. Sociélé de médecine de Ber- - lin, 1895.
à Ethérisation par l'appareil de Wanscher,
Durée. — La durée Hate du temps nécessaire pour heu l'anesthésie complète est de 7 minutes.
Agitation avant le sommeil complet. — Sur 135 cas : KE . Agitation nulle . . ......... 72
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Nulle eee AR M EE EPA BE ES ONE A RL EE TRE NiNe Le ue COURTE RNCS En Non notée nor ARE nR NU me EE Accidents pulmonaires conséeutifs. ne fois NAN légère. $ 1 broncho-pneumonie mortelle (opération de Kraske). Morestin cite plusieurs cas de broncho-pneumonie mor=
telle après FÉpÉRIEn de Kraske et les attribue au chloro=
forme. Fe : EûEs Ki Albuminurie. — . observés : 116. 1 lycosurie. à Albuminurie nulle, 93. 2 albuminuries avec cystite. Rae 4 albuminuries antérieures non ag gravées. s AE) 1 albuminurie par infection septique. TE a 1% albuminuries bénignes et passagères, dont 5. chez des cardiaques ou des artério- une