MEMPHITES
Usaces. — Est une espèce de pierre d’onix de couleur noire et blanche, qui naît en Arabie : on entaille des cachets et plusieurs autres petits instruments.
VERTUS. — On la croit propre contre la mélancolie et contre l'épilepsie, étant pendue au cou ; mais on ne doit pas avoir grande foi pour ces espèces d’amulettes.
On lui attribuait la vertu d’endormir ou de stupéfier les membres du corps sur lesquels on vouloit appliquer le feu, ou qu'il étoit nécessaire de couper, ensorte que le malade n’y sentoit point de douleur, pourvu qu'on eût pulvérisé la pierre, et que l'ayant démêlée dans quelque liqueur on en eut oint la partie malade, mais cette pierre n’est point parvenue à notre connoissance. Mathiole même dit que de son temps on ne la connoiïssait pas; il y a beaucoup d'apparence que c'étoit une pierre commune empreinte d’opium ou du suc découlant des pavots qui croissent abondamment dans ce pays-là, et qui ont beaucoup de vertu narcotique.
ETyMoLoGtEe. — Dioscoride (1) rapporte qu’on trouvoit de son tems en Egypte vers Memphis une petite pierre graisseuse de diverses couleurs laquelle on appeloit Memphites, à cause du lieu de sa naissance.
(1) DIOSCORIDE, né à Anazarbe, en Cülicie, vers le commencement de l’ère chrétienne, a laissé un ouvrage en grec fort remarquable, sur la matière médicale, composé, au dire de Suidias, de 24 volumes dont cinq seulement nous restent. On a dit qu’il l'avait emprunte à Pline. D’autres, sans plus de raison, ont prétendu que l’œuvre de Pline n’était que la copie de celle de Dioscoride.
PLinE. — Caïus Plinius secondus, dit l'Ancien, naquit à Vérone, l’an 23 de l’ère vulgaire, écrivit l’histoire naturelle et mourut en l’an 79, dans la terrible éruption du Vésuve qu’il était allé observer.
MarrHioLe, Pierre André, était de Sienne, dans la Toscane, naquit vers l’an 1500, mourut en 1577, écrivit notamment les commentaires de Dioscoride et nombre d’autres ouvrages.
Es: D MM. Perrin et Ludger Lallemand, dans leur 7raîté d’anesthésie chirurgicale (1863), M. Den professeur de physiologie à la Sorbonne, dans son 7raité des anesthésiques (1890), attribuent les propriétés de la pierre de Memphis à l'acide carbonique que cette pierre devait dégager. Cette explication est en contradiction avec celle que donne Lémery ; cependant il se peut qu'elle soit vraie, car la liqueur dans laquelle devait être « démélée » la pierre de Memphis pulvérisée n’était autre chose que du vinaigre (1) ou quelque acide analogue.
La er qui était également en faveur chez les anciens, avait, au dire de Pline, la propriété d'empêcher de souffrir par le suc de ses baies, les malades qu'il fallait amputer. Dioscoride et Matthiole, qui en signalent deux espèces, l’une que l'on mange et l’autre dont on boit la décoction vineuse, lui reconnaissent la même propriété. Elle fait dormir et apaise les douleurs ; c’est pourquoi, rapporte Dodonée (2), on l'administre à ceux auxquels on veut couper, scier ou brüler quelques parties du corps. Lémery lui reconnaît les vertus suivantes :
MANDRAGORA.
.…… Est une plante sans tige dont il y a deux espèces. __ VERTUS. — L'une et l’autre espèces sont narcotiques, rafraîchissantes, stupéfiantes, résolutives appliquées extérieurement... On se sert de leurs racines... on les emploie pour les inflammations des yeux, pour les érysipèles, pour les scrophules et pour les autres tumeurs.
ErymoLoGre. — Mandragora, à uavdopæ, stabula, speluncula, parce qu’on prétend que les premières mandragores
(1) VELPEAU. Union médicale, 1850, p. 195.
(2\ Doponée. Dodonœus (Rambert) naquit à Malines en 1518, mou-
rut à Leyde en 1585, s’occupa beaucoup de botanique.
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furent trouvées proche des étables ou des cavernes où l’on enferme les cochons à la campagne.
L’étymologie que donne Lémery au mot: mandragore n’est vraisemblablement pas exacte; il semble bien plutôt que cette expression vienne de pévôpæ, étable, et «pyupos, nuisible, ainsi qu'on l’admet généralement.
Cette plante possède des propriétés narcotiques dangereuses. Elle a été le sujet de fables nombreuses et sa racine, à cause de sa forme bizarre qui rappelle « les parties basses de l'homme », a longtemps servi aux sorciers pour la composition de leurs philtres.
La belladone était également usitée.