‹ L'Éther: Considéré comme agent d'anesthésie généraleChapitre 5 sur 42 · MORE · texte numérisé non relu

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ches vers la lumière pour y chércher la nourriture oxygène, de même que nous voyons le carnassier que la faim tenaille, euetter avidement sa proie ? Tous deux cherchent la satisfaction d’un besoin, c’est-à-dire l’apaisement d’une douleur. Par contre, nous ne les voyons pas, ordinairement, rechercher les conditions qui les priveraient de nourriture ou d'oxygène, pendant un temps plus ou moins long, pour que la satisfaction tardive de leur fonction nutritive ou respiratoire leur procure un bien-être plus grand.

D'ailleurs, le plaisir se.ressent indépendamment de la douleur, Et, pour que nous ayons la notion de la douleur, il n'est pas du tout nécessaire que la douleur soit tangible ou visible, il n'est pas nécessaire qu’elle tombe sous nos sens. La notion de l'infini qu'aucun de nos sens ne nous révèle, nous vient de la connaissance du fini qui est son contraire et tombe sous nos sens. De même, nous nous passerions fort bien de la sensation douleur sans que, pour cela, nous fussions privés de la notion douleur. Il nous suffirait parfaitement de connaître le plaisir pour concevoir le contraire du plaisir, la douleur. Mais c’est le rôle du philosophe de disserter, plus ou moins à perte de vue,sur cette question ; le rôle du médecin, rôle essentiellement pratique, pour n’envisager que les souffrances physiques inhérentes à l'espèce humaine, est d’abolir, tout au moins d’atténuer ces souffrances. Ce rôle répond à l’unanime aspiration des êtres, exception faite pour ceux qu’aveugle la déraison et qui, dans un but intéressé d’ailleurs — ce qui leur ôte tout mérite — recherchent la douleur pour un plaisir consécutif aléatoire. Cela est si vrai que, de tout temps, les hommes se sont efforcés de supprimer la douleur dans les opérations chirurgicales.

Les Assyriens, paraît-il, employaient la compression des vaisseaux du cou pour produire l’insensibilité chez les enfants qu’ils allaient circoncire. « Il est probable, dit CI. Ber-

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nard, qu'on opérait cette compression au moyen d'une ligature embrassant le cou tout entier, et par suite agissant à la foîs sur les troncs nerveux et sur les vaisseaux ».

Avant la découverte des substances anesthésiques, proprement dites, on se servait des narcotiques, sinon pour supprimer, du moins pour atténuer la douleur.

Les substances employées à cet effet, depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours, présentent d'assez nombreuses variétés. Elles sont empruntées tantôt au règne végétal, tantôt au règne minéral. Les physiologistes ont tendance # les diviser en anesthésiques et en narcotiques. Nous n’établirons pas cette distinction dans la chronologie qui va suivre, d’une part, parce que le but poursuivi par ceux qui s’en servent est toujours le même: la suppression ou la diminution de la douleur ; d’autre part, parce que les physiologistes eux-mêmes appellent indifféremment anesthésie ou narcose les effets que ces substances produisent sur l’organisme. Il est à remarquer aussi que les Allemands traduisent le mot: éthérisation par celui d’aethernarcose, passé dans notre langue. Enfin, à ce propos, nous rappellerons que CI. Bernard, en France, Nüssbaum, en Allemagne, ont proposé d'associer l’action hypnotique de la morphine à l’action anesthésique du chloroforme pour produire la narcose. Nous nous arrêterions davantage à ces subtilités de langage si nous avions pour but de compärer entre eux les effets physiologiques de ces substances : tel n’est pas le cas.

Si l’on en croit les Grecs et les Romains, la première substance anesthésique, en date, est la pierre de Memphis.

Nous ne croyons pouvoir mieux faire, pour exposer les propriétés que les anciens attribuaient à cette substance, ainsi qu'à quelques-unes de celles que nous énumèrerons par la suite, que de puiser dans le Dictionnaire des drogues simples de Nicolaüs Lemery, doctor medicus, qui a mis à contribution pour l'exécution de son œuvre les travaux qui

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nous restent de Dioscoride et de Pline l'Ancien. I] dit de la pierre de Memphis ce qui suit:

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