Kerr, Narcomania, p
A en juger par les symptômes dont j'ai vu les éthéromanes affligés, je ne doute pas le moins du monde que l’éther n’exerce une influence pathologique sur divers organes et tissus, et que si l’éthéromanie avait à son actif une antiquité aussi vénérable que l’alcoolisme, des lésicns indiscutables ne se seraient que trop manifestées. Que sont les 40 ans de consommation de l’éther par cent mille personnes auprès des milliers d'années de consommation de l'alcool par un nombre au moins égal de millions d’êtres humains ?
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Aug * NE cet auteur trouve une influence néfaste sur le système organique de la malade. Il s'agissait d’une jeune dame de 35 ans qui, à la suite de douleurs abdominales, avec défaillances, reçut de son médecin le conseil de prendre de l'éther. Elle s’en trouva bien et ne voulutou ne put plus se passer de ce médicament. Elle inhala l’éther modérément d’abord et finit par en prendre assez pour s’enivrer. Personne bien élevée, elle se dégrada de plus en plus, devint irritable au possible, et manifesta un réel dégoût de la vie chaque fois qu’elle n’était pas sous l'influence immédiate de l’'éther. L'état physique devint inquiétant et fit prendre des mesures d’éloignement qui la guérirent pour un temps assez long (1). Il est entendu que nous parlons ici de l’éthérisme chronique. Mais l’éthérisme chronique, comme l’alcoolisme, crée un terrain morbide sur lequel peuvent se développer des accidents aigus.
Mon maître, le professeur Lévy-Valensi, se demande si l’éthéromanie mérite vraiment ce nom. En effet, la plupart des auteurs préfèrent le terme «éthérisme», qui l’apparente à une autre intoxication d'habitude bien connue : l’alcoolisme. Ces auteurs insistent sur le caractère négatif de l’éthérisme qui ne crée pas l'état de besoin. Cependant Lewin admet dans son livre Les Paradis arlficiels la présence d’un état de besoin et cite des cas où l’abstinence a été mortelle. Mais « si l’on considère l’acception vulgaire du