‹ L'éthique de Giordano Bruno et le deuxième dialogue du SpaccioChapitre 26 sur 28 · VIII · texte numérisé non relu

VIII

U'aiitre part. Daiile a fori iiiijféiiieusemenl ajouté un élément de plus au tableau ; la privation de la foi. sans faute personnelle, caractérise les habitants du Limbe, groupés aussitôt après le passage de rAchéron, tandis que la résùinnce ;i la foi, c'està-dire un acte de révolte et d'ingratitude qui constitue l'hérésie, est châtiée au sixième cercle, dans l'enceinte de la ville de Satan. Ainsi, ces deux séries distinctes de damnés incroyants forment chacune le premier échelon des deux grandes régions infernales. A regarder de haut l'ensemble des préceptes et des invectives semés d'une main prodigue d'un bout à l'autre du poème, il ressort avec évidence que, de tous les vices qu'il a flagellés, celui que Dante tenait pour le plus funeste est la cupidité : par elle, les pasteurs de l'Eglise du Christ ont méconnu tous les enseignements de leur maître, tandis que la grandeur de l'apostolat franciscain trouve son explication dans le culte chevaleresque que saint François avait voué à Dame Pauvreté'. La vertu qui lui paraissait la plus touchante et la plus précieuse est l'humilité : — c'est, avec la noblesse (gentilezza), la qualité que Dante tout jeune louait le plus chez Béatrice; c'est encore celle qu'il admire, unie à la puissance, chez la Vierge Marie*. Enfin l'idéal de perfection chrétienne que l'homme devrait se proposer sans cesse est la conformité absolue de ses désirs avec la volonté de Dieu « Sa volonté est notre paix ' ».

Gomme l'a remarqué Gantu^, Dante est donc loin de néii'liuer les vertus sociales : « Dans la cité où rèsane Dite, le courroux céleste se déchaîne surtout contre ceux qui ont offensé autrui; les méfaits s'expient par des peines proportionnées au préjudice qu'ils ont causé à la communauté. G'est spécialement à ce point de vue que le poète soulève et discute certaines questions, par exemple, celle des inimitiés politiques,

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