‹ L'étincelle, comédie en un acteChapitre 3 sur 35 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

RAOUL, un peu au fond, marche avec agitation et parait très préoccupé, MADAME DE RÉNAT, assise sur le devant de la scène, brode une étoffe, puis s'arrête et regardant Raoul.

MADAME DE RÉNAT.

Dites donc, Raoul?... Raoul!

RAOUL, s'arrètant.

Ma tante?

MADAME DE RÉNAT.

Qu'est-ce que vous faites donc là? des vers?

Mais je...

MADAME DE RÉNAT.

Alors vous appelez cela venir me voir, vous?

RAOUL

Pardonnez-moi, je..,

MADAME DE RÉNAT.

Etes-vous bien sûr d'être en Touraine?

RAOUL

Comment cela?

MADAME DE RÉNAT.

Oui, j'ai idée que la meilleure partie de vous-même est restée en garnison, c'est votre cœur que je veux dire.

RAOUL

Oh ! je vous jure I

MADAME DE RÉNAT.

Ne jurez pas, le cœur est pris, monsieur de l'Étoupe, comme disait mon pauvre général. Est-ce que je ne reconnais pas les symptômes habituels? distractions, rêveries, silences, soupirs... Plus de chasse, plus d'appétit, votre arc, vos javelots, votre fourchette, tout vous importune. Vous êtes amoureux, mon capitaine. Au surplus, c'est la troisième fois de l'année et nous sommes en octobre, le compte y est.

Et pi cela était, ma tante?

MADAME DE RÉNAT.

Cela est, mon neveu. Allez, j:écoute.

nAOUL, aveefec.

Eh bien! oui, je l'avoue, j'aime! j'aime comme un fou, j'aime comme je n'ai jamais aimé.

MADAME DE RÉNAT, tranquillement.

Attendez un peu. Laissez-moi m 'installer poui dé-

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