SCENE NEUVIÈME
marie? parce que votre indifférence et votre oubli ont losse won amour. (Bas.) Sans compter qu'au fond il y du vrai là-dedans. (Haut.) Oui, lassé mon amour.
MADAME DE RÉNAT.
Votre amour ! votre amour!... Ah! tenez! vous me faites pitié avec votre amour, (b^s.) Et là-dedans aussi il y a du vrai ! (Haut.) Oui ! pitié 1
RAOUL, bas.
Très bien! c'est cela, de l'ironie!
MADAME DE RÉNAT, sincèrement.
Non, mais réellement, est-ce que vous croyez par hasard, que vous avez jamais aimé, vous, mon pauvre Raoul! Et ne parlez pas de moi, je vous le défends
RAOUL, bas.
De la colère ! Bon ! allez ! allez !
MADAME DE RÉNAT, s'animant de pins en plus.
Aimer 1 vous! Et qui donc, je vous prie? Quelle muse de garnison, quelle Vénus de rencontre ? Miss Stowe peut-être?...
RAOUL, bas avee effroi.
Eh ! eh I non! pas cela, glissez ! glissez!
MADAME DE RÉNAT.
Cette aventurière dont une honnête femme ne pouvait pas même être jalouse.
RAOUL, même jeu.
Mais glissez donc, je vous dis.
MADAME DE RÉNAT. .
Oui alors? Antoinette? Cette enfant! cette pauvre enfant 1...
RAOUL, bas.
Hum ! prenez garde.
MADAME DE RÉNAT.
Cette pauvre enfant, votre dernière fantaisie aussi bizarre et peut-être plus malsaine...
RAOUL, bas.
Ahl mais, dites donc, ma tante...
MADAME DE RÉNAT.
Et peut-être plus malsaine encore que toutes les autres 1
RAOUL, •'animant à son tour.
Ahl mais, ah! maisl...
MADAME DE RÉNAT.
Non!... nom parlez de curiosité, de distraction, de caprice, de tous les dérèglements d'une imagination que vous prenez pour du cœur, mais d'amour, allons donc, vous n'y entendez rien, mon pauvre garçon.
RAOUL, «s contenant
Parce que?...
MADAME DE RÉNAT.
Parce que vous n'avez ni l'émotion qui le fait naître, ni la réflexion qui le mûrit, ni la persistance qui l'impose, ni le sérieux qui l'ennoblit !
RAOUL, éclatant.
Ah! pas sérieux! je l'attendais! Non! mais c'est aga çant à la fin! Et c'est que vous le pensez au fond!
MADAME DE RÉNAT.
Ah ! si je le pense !
Et qu'en savez-vous ?