‹ L'étincelle, comédie en un acteChapitre 31 sur 35 · SCÈNE NEUVIÈME H · texte numérisé non relu

SCÈNE NEUVIÈME H

MADAME DE RÉNAT.

Je ne vous connais pas, peut-être ?

RAOUL

Vous! parce que vous m'avez toujours vu gai, n'estce pas ? Eh bien, je suis fâché de vous le dire, mais c'est vous qui n'y entendez rien, mais rien ! Il faut se méfier des gens toujours gais, ma tante! pour votre gouverne... Oh! mais, j'en aurais long à vous raconter là-dessus, allez I

MADAME DE RÉNAT.

Vous avez tant souffert vous, Raoul ?

RAOUL

Mais oui, mais certainement, j'ai souffert moi, quoique je n'aie ni navré mes airs, ni penché mes attitudes, certainement, et beaucoup et à cause de vous si vous voulez le savoir.

MADAME DE RÉNAT.

A cause de moi ?

RAOUL

Oui.

Vous?

Moi.

RAOUL

MADAME DE RÉNAT, bu.

C'est pour rire, n'est-ce pas?

RAOUL, bas.

Mais pas du tout ! mais pas du tout ! et je ne suis pas fâché d'avoir l'occasion de vous dire cela en passant... (Haïr..) Et beaucoup souftertî

MADAME DE RÉNAT

Sans que cela paraisse, alors !

RAOUL

Sans que cela paraisse, oui... Et j'y mettais ma fierté. Qu'aurais-je pu faire ? Me plaindre de votre cruauté, gémir de vos refus, vous inonder de prospectus élégiaques? Voilà bien les femmes! Vous ne vouliez pas de moi, il fallait entrer à la Trappe ! Je ne sais pas me résigner moi, d'abord. J'ai cherché à vous oublier, à secouer ma chaîne...

MADAME DE RÉNAT.

Et souvent !

RAOUL

Oh ! très souvent ! Dame, pourquoi m'avez-vous repoussé, vous ?

Belle raison.

RAOUL

Ah ! c'était assez d'une fois.

MADAME DE RÉNAT,

Pour votre constance ?

RAOUL

Pour ma dignité.

MADAME DE RÉNAT.

Je ne comprends pas.

RAOUL

Vous êtes trop riche, ma tante...

MADAME DE RÉNAÏ.

G est pour cela...

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