CONCLUSIONS
L'importance. clinique de la leuconychie partielle du limbe unguéal est loin d’être nulle et beaucoup de, méde-
cins ne lui attribuent peut-être pas la valeur qu’elle mérite.
. Il n'est pas de symptômes d’apparence si banale ét si futile qu'ils soient, qui. doivent étre négligés. Les marbrures unguéales devront être recherchées plus qu’on ne le fait communément.
Constatées très facilement par linspection d’un rapide coup d’œil sur l'ensemble des limbes, on doit se dire, que leur présence ne s’observe jamais par hasard.
La leuconychie partielle est un symptôme local, d'un “trouble de l’état général. Elle sè détache de la lunule zu moment de ce trouble et persiste le temps que le limbe met à se renouveler. Ce symptôme est durable et on peut situz2r chronologiquement son apparition, puisque le ‘imbe unguéäl résume, en moyenne, quatre mois de la 7e du malade examiné. Re Liongle est une page rose où sont inscrites en blanc les défaillances de l’état général. La leuconychie est la signature objective d'un état médiocre, défectueux, caractérisé | par trois groupes de symptômes :
1° Une asthénie physique et morale ‘toujours marquée ;
2°;Une AE L artérielle plus ou moins nette, mais
qui ne fait jamais défaut ;
3° Des troubles de la minéralisation, caractérisés le plus souvent par de la polyurie accompagnée d’une décharge
urinaire portant sur les phosphates terreux.
Dépression, hypotension, décalcification, voilà trois signes, qui accompagnent, à des degrés divers, l'apparition des marbrures ; et dans toute affection, où ce triple complexus symptomatique est plus ou moins réalisé, des leuconychies peuvent être signalées.
L'enfance est Pésénue de prédilection des leuconychies. Sur ces terrains en construction, la minéralisation est facilement défaillante, les infections aiguës extrêmement fréquentes et la convalescence des pyrexies toujours accom-
pagnée de crises polyuriques.
L’hérédo-syphilis et la tubérculose larvée; si dystrophi-
ques seront souvent en cause.
Chez l'adolescent, Cest dans la prétuberculose que lon
observe le plus souvent les marbrures.
Chez la jeune fille et chez La femme, les leuconychies sont encore très fréquentes. L’asthénie, l’hypotension, la polyurie à des degrés variables les accompagnent ; c’est ce qui
explique qu’on les rencontre si souvent dans certaines | névroses dépressives (goîtres exophtalmiques), dans les divers états neurasthéniques, dans ceux liés à une Sato
sance ovarienne.
Chez l'adulte l'ongle marbré est plus rare, partant, plus
RARE caractéristique, Il survient chez un grand déminéralisé, un / 4
prétuberculeux encore jeune, chez un neurasthénique ? à à phobies, chez un convalescent de grande pyrexie.
Le traumatisme ne doit presque jamais être mis en cause,
contrairement aux conclusions de l’auteur allemand J. Hel- ler, nous n’avons pas trouvé que les leuconychies fussent plus fréquentes dans les professions manuelles. En effet, dans les traumas les troubles unguéaux sont plus profonds, et, le stade marbrure, dystrophie légère, est souvent dépassé. À lui tout seul, ce symptôme n'indique rien de pathognomonique ; mais, il a l’avantage d’éveiller rapidement et facilement l'attention sur un état médiocre. Cet état une fois caractérisé, il peut ajouter un facteur au pronostic suivant sa confluence et sa durée. :
Très confluentes, dans un état sérieux, les leuconychies indiquent une tendance à l'aggravation ; persistantes après la guérison elles sont un symptôme objectif de la décalcification. Dès qu’elles disparaissent, elles indiquent une amélioration de l’état général.
Vu : le président de la thèse, G.-H. ROGER.
Vu et permis d'imprimer :
Le Recteur de l'Académie de Paris, APPEL.