‹ L'Étiologie et la Pathogénie des Angines Aigues Non DiphtériquesChapitre 5 sur 35 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Depuis trois ans, je poursuis, sur les conseils et dans le laboratoire de M. Grancher, des recherches sur les microbes de la cavité buccale et pharyngée; dans ce travail, je présenterai seulement Les résultats obtenus dans l'étude des inflammations aiguës des amygdales et du pharynx.

Dans ces dernières années, les efforts des bactériologistes ont surtout porté sur la diphtérie et les angines pseudomembraneuses. La découverte du bacille de Loeffler a permis de séparer nettement les angines diphtériques de celles qui ne le sont pas. La pathogénie de ces dernières, malgré de nombreux travaux, est restée obscure ; ce sontelles que j'ai étudiées. 4

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Avec la diphtérie, j'ai aussi éliminé de mon sujet toutes les anginesSpécifiques telles que l'angine scarlatineuse, morbilleuse, varioleuse, syphilitique, ainsi que les lésions pharyngées de la fièvre typhoïde, de la tuberculose, de la morve, des intoxications diverses, etc. J'ai donc étudié l’angine catarrhale aiguë tonsillaire ou généralisée, l'angine pseudomembraneuse etl’angine phlegmoneuse, car, comme on le verra, ce ne sont que différentes formes cliniques d’une même infection. L’angine érysipélateuse rentre forcément dans cetteclasse,mais je n’ai pu trouver de malade présentant cette maladie telle quelle est décrite dans les traités classiques (1). J'élimine aussi de mon sujet toutes les angines chroniques, pharyngites granuleuses, etc.

Quant à l’angine rhumatismale, si l’on entend par là la légèreinflammation qu'on voit quelquefois chez des malades atteints de rhumatisme articulaire franc, c’est une forme que j'ai laissée de côté; mais, au contraire, j'ai étudié les angines aiguës fébriles qui s’accompagnent de douleurs rhumatoïdes, de polyarthrites infectieuses, comme on dit maintenant. Quant à l’angine herpétique vraie, avec ses vésicules sur la muqueuse du pharynx, je n’ai malheureusement pas pu en rencontrer une seule dont le diagnostic pût être posé d’une façon certaine ; c'est une lacune que je regrette.

En résumé, les recherches, ici consignées, ont porté sur les angines aiguës fébriles dites infectieuses : mes observations personnelles, au nombre de vingt-quatre, se décomposent en : angines catarrhales, 11 ; angines pseudo-membraneuses, 7; angines phlegmoneuses, 6.

Dans chacun des Gas, l'observation clinique était prise entièrement, et, parallèlement, j'ai soumis la gorge de ces malades à un examen bactériologique complet, cet examen

(1) Une de nos observations pourrait à la rigueur être rangée dans cette olasse (voir l’obs, 24),

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a été conduit dans tous les cas exactement de la même facon pour que les résultats puissent être comparables.

Pour obéir à une tradition que nous sommes heureux de respecter, nous désirons adresser un public hommage à nos maîtres.

Dès notre arrivée à Paris, nous avons eu la bonne fortune d'être guidé par M. le D' Roux, c'est lui qui à dirigé nos études, nous ne saurions trop le remercier des excellents conseils qu’il nous à donnés et qu’il nous prodigue encore aujourd’hui.

M. Dujardin-Beaumetz à été notre premier maître dans les hôpitaux ; c'est cet excellent maître, si bon pour sesélèves, qui nous à appris à aimer l'hôpital et la clinique. Pendant notre internat dans le service de M. Péan, nous avons pu nous familiariser avec la pratique de la chirurgie clinique. Nous avons eu l'honneur d’être l’interne de M. Delens; c’est dans l’enseignement de notre si consciencieux maître que nous avons puisé nos notions d'ophtalmologie.

Pendant les années que nous avons passées à l'hôpital Saint-Louis, nous avons été l'élève de deux maîtres qui déjà ne sont plus; MM. Lailler et Quinquaud nous ont laissé des exemples de probité et de travail que nous ne saurions jamais oublier. M. le professeur Fournier, dont nous avons été l’interne, nous a accueilli avec une bienveillance dont nous gardons un précieux souvenir.

Que MM. Charrin, Dejerine, Brun, Picqué, Hyp. Martin, veuillent bien agréer le témoignage de notre profonde gratitude.

M. le professeur Bouchard nous a fait l'honneur de nous recevoir dans son service en qualité d’externe puis d’interne, nous sommes heureux de pouvoir le remercier du rare et grand avantage qu'il nous a donné en nous permettant ainsi

de profiter de son enseignement si élevé.

Il sera bien difficile de nous acquitter jamais de la dette de reconnaissance que nous avons contractée près de M. le

professeur Straus. Pendant plusieurs années nous avons eu l'honneur de travailler à côté de notre excellent maître comme externe, interne et préparateur. Tant à l'hôpital qu’au laboratoire, nous avons -eu l'immense avantage de profiter de son enseignement de tous les instants; c’est à lui que nous devons la plus grande partie de ce que nous avons appris. Mais ce dont nous ne saurions trop le remercier, ce n’est Pas seulement de l'instruction technique qu’il nous a donnée, mais, ce qui est plus précieux encore, il nous a appris à observer avec soin, à expérimenter avec méthode et à interpréter les faits avec rigueur, c’est lui qui nous a appris à travailler et à penser scientifiquement.

Depuis plusieurs années, M. le professeur Grancher nous

a fait une place dans son laboratoire des Enfants-Malades' grâce à son excellente installation, nous avons pu utiliser une toute petite partie du matériel si riche et si vaste de son service. Après avoir dirigé notre travail, il nous fait l'honneur de présider notre thèse ; nous ne saurions trop le remercier de toutes les marques d'estime et d'intérêt qu'il nous à prodiguées.

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