CHAPITRE PREMIER
< Historique.
Depuislestravaux de Bouchard(1). Kanuenberg, Landouzy, la nature microbienne des angines fébriles à été soutenue par nombres d'auteurs (Dubousquet-Laborderie, Rousseau, Descoings, Dauchez, Cartaz, Legendre, Richardière, Jeanselme, etc.). Ce n’est que dans ces dernières années que des recherches bactériologiques précises ont été tentées pour apporter quelques notions exactes sur la nature des microbes des angines. Maïs ces publications doivent être divisées en deux groupes : les unes, les plus nombreuses,sontconsacrées aux angines pseudo-membraneuses ; les autres sont consacrées aux amygdalités et aux angines phlegmoneuses ; ce dernier groupe est relativement pauvre. Les auteurs qui se sont occupés des angines pseudo-membraneuses étudiaient en réalité la diphtérie ; ce n’est que par accident que les angines pseudo-membraneuses non diphtériques ont été découvertes et ce n’est que par comparaison avec la diphtérie qu’on a cherché à élucider leur pathogénie.
Depuis Klebs, Loeffler, Roux et Yersin, les travaux sur cette question ont été considérables, on en trouvera les indications bibliographiques à la fin du mémoire. Il nous suffira de savoir que la plus grande partie des angines pseudomembraneuses sont causées par le bacille de Loeffler et rentrent dans la diphtérie, les autres angines pseudo-mem-
(1) Toutes les indications bibliographiques ont été rapportées à la fin de la thèse,
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braneuses non diphtériques constituent un groupe encore mal connu. Beaucoup d'auteurs croient que ces angines sont causées par un streptocoque, mais la confusion reparaît pour savoir si c'est un streptocoque spécial ou bien si c’est le streptocoque déjà connu, le streptocoque pyogène (Loeffiler, Roux et Yersin, Wurtz et Bourges, Hallock, Barbier, Netter, Baginsky, Prudden, Marot, etc.). Enfin, on a décrit des angines pseudo-membraneuses à coccus (Roux et Yersin, Martin), des angines à pneumocoque (Netter, Gabbi, Jaccoud et Ménétrier, Rendu), des angines à staphylocoques (Cornil et Babès, Martin, Netter). Dans toutes ces observations, à côté de faits incontestables, il est possible de faire des réserves sur les conclusions qu’en tirent les auteurs. Dans leurs recherches, en effet, ils ne tiennent pas assez compte de la nécessité d'employer une méthode assez complexe pour pouvoir affirmer que, non seulement tel microbe ‘existe dans l’angine étudiée, mais encore que ce microbe y est à l'exclusion de certains autres. Nous verrons, en effet, que certains microbes peuvent facilement échapper aux recherches les mieux conduites, et on est entraîné à attribuer à un parasite une maladie causée par un autre.
Les angines catarrhales ont été beaucoup moins étudiées. Frænkel, Fuerbringer, Metzner, Hanot ont surtout examiné des angines graves, terminées par infection purulente mortelle. Dans ces cas, ils avaient trouvé le streptocoque.
Kurth, un des premiers, fit une bonne étude des angines :
catarrhales bénignes, il entreprit des recherches sur les amygdalites folliculaires ; Sendtner a fait les mêmes recherches. Les observations de ces auteurs ne nous paraissent que bien peu démonstratives. Kurth ensemençait dans le bouillon un peu d’exsudat et mettait à l’étuve, il obtenait une culture très impure où le précipité floconneux était composé en majorité de streptocoques qui, réensemencés, finissaient par être obtenus à l’état de pureté. Par ce procédé, cet auteur ne recherchait que le streptocoque, négligeant complètement
les autres microbes qui pouvaient être la cause de Fangine ; le pneumocoque, en particulier, ne pouvait pas être décelé par ce procédé.
Sendtner faisait des cultures sur gélatine ; nous verrons dans notre chapitre Technique combien ce procédé était insuffisant. Enfin Sallard rapporte deux observations personnelles où il a trouvé un streptocoque, mais il n’avait pratiqué que des ensemencements par stries sur gélose, lui aussi ne pouvait pas trouver le paneumocoque par ce procédé ; enfin, il ne décrit pas le streptocoque trouvé, il ne parle pas de sa virulence et tout porte à croire, comme nous le verrons, que ce streptocoque était seulement le streptocoque de la salive. Von Lingelsheim décrit très complètement le streptocoque pyogène qu'il à trouvé dans des angines catarrhales. Mais le procédé qu’il employait (cultures sur gélose) ne lui permettait pas de savoir s’il n’y avait pas en même temps d’autres microbes comme le pneumocoque par exemple.
En résumé, on a trouvé dans les amygdalites aiguës des microbes variés mal déterminés, le streptocoque incriminé par beaucoup d'auteurs est tantôt identifié au streptocoque pyogène, tantôt on le considère comme une espèce différente. De nouvelles recherches sur ce sujet n'étaient donc pas superflues.