Scène VII
Les puécédeivts, PRASCOVIA.
PraSCOVia^ entrant avec effroi et en regardant autour d'elle sur la ritournelle de Pair suivant.
Greorge, courant au devant d'elle. Prascovia! ma fiancée! Catlierilie^ remontant aussi vers elle. Ma belle-sœur |... qu*y a-t-il donc?
PraseoTia* Atr.
Ah! que j'ai peur! ah! que j'ai peur!
J'ai tant couru!... je me soutiens à peine! J'ai tant couru... que j'en suis hors d'haleine! Et même auprès de vous, mon cœur Palpite encore de frayeur...
Ah! que j'ai peur! ah! que j'ai peur! Ah! ah! ah! ah! ah! que j'ai peur!
(Tout le monde V entoure,) Qu'ai-je dit? quel délire Un instant me troubla.'^ Je renais!... je respire!
Près de vous me voilà!
Votre douce présence, Bannissant la frayeur,
A rendu l'espérance »
Et le calme à mon cœur!
RECITATIV.
Et puisque, grâce à vous, ma craite est apaisée. Je puis vous dire enfin ce qui l'avait causée. Apprenez...
{On entend un roulement de tambours,)
Ah! que j'ai peur! que j'ai peur! J'ai tant couru!... je me soutiens à peine! J'ai tant couru.,, que j'en suis hors d'haleine!
Et même auprès de vous, mon cœur
Palpite encore de frayeur!
Voyez plutôt!... Ah! que j'ai peur!
Ahî ah! ahî ah! ah î que j'ai peur!
Gireorg^» Sois tranquille, je vais savoir par moi-même...
Prascovia^ qui 4tait à moitié évanouie se relève vivement. "S'y va pas, u'j va pas. \\ y a. dit-on, un corps tartare, commandé par le général Tchéréméteff^ qui marche sur \Vi-
borg, mais son avant-garde, qui s'est répandue dans la campagne... vient d'entrer dans le village.
Catlterine. £Ii bien?
PraSCOTla^ tremblante. Eh bien! des Kalmouks, des Baskirs, des pillards qui mettent tout à feu et à sang!
IPéterS* C'est ce que nous verrons.
C^atlierine, se retournant vers lui. Ah! vous n'êtes pas parti ?
Péters» Il y a du danger pour vous... je reste.
Catlierine^ lui tendant la main. C'est bien!
PraSCOVia, continuant. Ils ont couru d'abord chez les cabaretiers. Mon oncle, sans s'occuper de moi, s'est sauvé d'un côté, moi de l'autre!... {Regardant George) de celui-ci.'
Catlierlne^ lui serrant la main, La ligne droite! près de ton fiancé, près de ta sœur,,.
PrascOTia, remontant le théâtre et regardant vers la gauche. Tenez.,, tenez... les voyez-vous de loin! ils viennent de ce côté... que faire?
Gieorge* IVous enfuir!
PétcrS^ saisissant une hache de charpentier. Non pas... les arrêter!... et je m'en charge!...
CatlterinC^ lui prenant la main et le regardant. Ah j voilà le regard dont je te parlais, et ta main ne tremble pas ! Bien, Péters!... tu as du cœur... {souriant.) Mais tu n'as pas le sens commun. Tu vas, avec ta hache, nous faire tous massacrer... à commencer par toi!
Péters, brusquement. Si cela m'est égal!
Catlierine, vivement et avec tendresse. Si ça, ne me l'est pas!
PétePS, poussant un cri de joie. Ah ! que dis-tu ?
Ocor^e, regardant vers la gauche. Les voici ! . . . les voici!... Nous sommes perdus!
Catlierille, qui a aussi remonté vers la gauche. Allons donc, regarde plutôt, ne ^'les reconnais-tu pas?
Gleor^e* La peur m'empêche de distinguer.
Catlterilie. Ce sont des Tartares de l'Ukraine... Je vous sauverai!... mais pas d'armes.
Péters. Et quel moyen de défense?
Catlierine* Je m'en charge!... {àPrascovia et à George leur montrant la maison à gauche,) Des verres et des bouteilles. {Prascovia et George 8^ élancent dans la maison à gauche,)
Péters, à Catharine, Mais que veux-tu faire?
Catlierilie^ se dirigeant vers la maison. Cela me regarde.