‹ L'etoile du nordChapitre 31 sur 77 · ACTE II. SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II. SCÈNE III

Crrltzenko. On oe nous permet que la moustaclie . .. et encore!. . .

Catherine 9 à part. Que dîable me veut- il? .... (à Gritzenko qui la regarde toujours) qu'est-ce que vous trouvez donc à mon visage?...

Grl*itzeill40« Je \e trouve incomprëhensible... attendu que tu ressembles comme deux grains de poudre.,, à une jolie fille. . . une cantinière, que j'ai rencontrée dernièrement en Finlande, dans les environs de Wjborg.

Catlierllie« Une cantinière... avec un baril de Dantzirk première qualité!

Oritzetlko* De la bonne eau-de-vie ma foi!

CatSaerilie, C'était ma sœurj

CritzeilKo, Je comprends maintemant la similitude] les mêmes traits^ la même taille... pas plus haute qu'un sabre de cavalerie, mais ayant le diable au corps... Sakinka.

Catherine, vivement. Outrager ma sœur!

GrritzenKo* On ne rouirage pas^ jeune recrue, on veut seulement vous dire, par là, qu'il y a une douzaine de jours... moi, Gritzenko, je n'étais rien qu'un pandour, enrôlé dans les Kalmouks de l'Ukraine .. troupe irrégulière, non soldée et n^ayant pour paie que le pillage qui ne donne pas toujours... parce que le pajsan qu'on a pillé la veille est stupide, Sakinka! imjiossible de le faire contribuer le lendemain!

Caliierîne» Il se défend!

Oritzenli.O« Non! .. il n'a plus rien! ni nous non plus! Sakinka.

Catlierine, avec impatience. Eh bien?

Oritzeni^O. Eh bien , tout en me versant du Dantzick, la cantinière... je veuY dire la sorcière .. m'avait prédit que j'entrerais dans la garde impériale... ça n'a pas manqué: j'ai été nommé par ordre non seulement soldat... mais caporal!... rien que cela, Sakinka!

Catlierine. Est-il possible...

Grrifzenko* Vous en voyez les galons f... sans le visa desquels je n'j croirais pas encore!

Catlierîne, haut à Gritzenko, Et ainsi nous voilà caporal dans la garde, gagnant six kopecks par jour!

€*ritzenl409 à demi -voix. Bien davantage!... vingt, trenfe, quarante kopecks chaque soir!

Catherine* Comment cela?

QritzenkO. Toujours par suite de la fortune... que ta sœur a vue là... dans ma main!... On a bcaîi être caporal... Répertoire ». 397. (fl. Série Nr. 197.) 3

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ça n'empêche pas les souris et les regrets. Je n'en avaî» qu'un ^ . ^ celui de ma barbe qu'il «•''avait fallu couper pour entrer dans la garde... c''est l'ordre despotique et formel dit czar... et j'en gémissais un jour... quand un officier qui m'entendit... me serra la main en me disant à voix basse: C'est bien. Tu es des nôtres!... prends ce papier et lis?... — Oui» mon officier. — Aussi, fidèle à la consigne, j'ai pris le papier et ne l'ai pas lu, Sakinka!

Catherine. Pourquoi ?

OrttzeillLO. Parce que je ne sais pas lire!... mais le papier contenait vingt kopecks que j'ai placés là (^montrant son gousset)^ et le lendemain au soir, en passant rapidement devant mai, on m'^a demandé: As-tu exécuté mes ordres? — Ouï, mon officier, autant que j'ai pu! — Bien! continue ainsi? Et il m'a remis un autre papier qui contenait trente kopecks^ et Lier soir, quarante... en me disant: Place-les de même?.,... ce que j"'ai fait... (montrant son gousset) mais bientôt il n'jr aura plus de place... tant il y a foule... Sakinkal

Catlierine^ avec finesse. C'est que vous avez garde les papiers?

OritzenKo* Oui, sans doute...

Catlierlne* C'est un tort... ça tient de la place.

Gritzenl40, C'est juste!

{Il les tire de sa poche et va pour les déchirer).

Catlierilie^ le retenant. Un instant... je peux vous dire ce qu'il y a là... moi qui sais lire...

QritzeillàO, avec étonnement. Tu sais lire...

Catherine. Sans doute!

GSritzenko» Et i\\ ne sais pas faire Pexercice... voilà un cadet singulièrement éduqué! (^Ji Catherine qui a pris les papiers et qui les lit.) Eb bien... qu'j a-t-il?

Catiierine. Il j a ; Gratifications pour le caporal Gritzenko^

Oritzenko* Preuve que la lecture est inutile^ car sans le savoir... j'avais deviné cela...

Catiierine^ â part^ Usant le papier. »Dix kopecks par «jour, pour chacun des soldats que le caporal enrôlera dans «notre entreprise. « Quelle entreprise? et qu^est-ce que cela signifie?

Grritzenfeo* Silence !.. voici mon colonel, avec d'autres de ses amis!... le vieux colonel Kermoloif^ un ancien Strelitz. Saluez, jeune soldat?

(Gritzenko est Catherine portent la main à leur front et restent immobiles.)

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