ACTE II. SCÈNE XI
Oritxenko.
Vwîci votre heure!
On vient vous relever.
Catlierilie^ regardant toujours.
Je ne veux pas partir f Qrltzenko.
Quittons ces lieux!
OBtlierine^ avec jalousie.
Non pas! non, non, non, j'y rleineure. Je reste là! quand j'y devrais mourir!
Oritzeiiko.
Mais la consi<>ne!
Catlieriiie«!
Elle me choque!
Qritzeiiko.
La discipline!
Catlterine»
Je m'en moque î QritzeiiUo«
Le châtiment. . .
Catlierine*
Ça m'est égal !
Et je me ris de lui...
(•/^ Gritzenko qui veut T emmener de force). Comme du caporal !
{Elle lui donne un soufjlet.) CvrltZ^llko^ poussant un cri et portant sa main à sa joue. Sakinka!
ENSEMBLE
CïrItzenUo. Catlierilie, régardant du côté
de la tente»
Je suffoque de rage! C'en est fait! son outrage
Un soufflet au visage, A jamais me dégage!
Caporal, quel outrage! N'écoutons que la rage
Pour moi, quel déshonneur! Qui fait battre mon cœur.
Accourez tout le monde, Dans ma haine profonde,
A moi! qu'on me seconde Qu'ici je le confonde.
Et qu'ici tout réponde Et que le ciel seconde
A ma juste fureur! Ma jalouse fureur!
Péters, sous la tente, entre Ekinionna et IVatlialia*
les deux femmes.
O charmant badinage! Cessez ce badinage,
Amour libre et volage, Non, vous serez volage!
Ou! pour uii jour engage Et jamais je n'engage
La tête et non le cœur! Ma raison ni mon cœur!
Beautés, reines du monde, Nous connaissons le monde,
Que votre amour réponde Er, loin qu'on vous réponde,
A l'ivresse profonde Ma sagesse profonde
Dont je ressens l'ardeur! Défendra mon honneur!
Ji la voix de Gritzenko, plusieurs soldats viennent d'accourir. Le morceau Jinit à cet endroit avec grand bruit; mais la ritournelle continue encore à V orchestre seulement^ et en sourdine.
Kklllionna^ courant ouvrir les rideaux de la tente à gauche. Eh! mais, quel est ce bruit?
ÇLes rideaux de la tente qui sont ouverts laissent voir Péters assis près de la table, tenant à la main son verre que Nathalie vient de remplir.) Ciritzenko^ apercevant Péters en uniforme. Un capîiaioel... c'est ce qu'il me faut... Justice, mon capitaine... (// entre par les rideaux à gauche^ qu' Ekimonna vient d*ouvrir et s'avance sous la tente près de Péters. Derrière lui, entre également Catherine que des soldats amènent.) ]Pétei*Sj complètement gris. Encore un importun! que viens-tu m'annoncer? Parle, mais ne m^impatiente pas!
Oritzenl40* Un soufflet que moi, caporal, j'ai reçu d''une recrue^ d'un simple soldat.
PctCPSj tenant son verre. Eh bien! qu^'on le fusille.'.,, et sur-le-champ !
Gritzenl&O; aux soldats qui entourent Catherine. Ea avant! marche!
C/SltlierillC^ s'élançant près de Péters. O ma mère | fais que ma voix arrive à son cœur! Péters î... Péters!.. . regarde bien!... reconnais mes traits... c'est moi.
JPéteV^f ivre et regardant Catherine sans la reconnaître. Toi! eh bien, qu'on le fusille!
Catliei*lll^9 avec indignation. Ahî dans son ivresse il
ne me voit pas... il ne m'entend pas... Soit, la mort! mai*
n'oublie pas qu'elle me vient de toi, Péters!
A ce dernier mot, qu'acné prononce avec force, Péters, comme
accablé jusque - là par les fumées de l'ivresse ^ lève la tête
qu'il tenait baissée, aperçoit Catherine, laisse tomber le verre
quil tenait à la main, repousse Ejtimoivjva et Nathalie,
qui accouraient auprès de lui y et se lève en poussant un
grand cri.