SCÈNE VII
LES précédents; CATHERINE, el deux jeunes soldais entrant 'par la droite, le fusil sur V épaule.
CATHERINE
Qu'est-ce donc , caporal ?
GRITZENKO.
Une tente que le général a donné ordre de dresser, en cet endroit, pour deux officiers supérieurs.
CATHERINE
Les quels ?
GRITZENKO,
Ça ne me regarde pas 1 {Regardant Catherine et les deux jeunes soldats.) Portez armes !
CATHERINE
A quoi bon I
GRITZENKO
On ne raisonne pas... Portez armes !. . J'ai ordre de placer trois factionnaires autour de cette tente.
CATHERINE
Trois!...
On ne raisonne pas ! .. Avancez à l'ordre. La consigne est de vous promener tous trois cette nuit, au clair de la lune... (d un des soldats) toi devant cette tente... (d un autre) toi à gauche.,, (à Catherine) toi à droite... C'est là mon ordre de bataille.
CATHERINE, murmurant entre ses dents.
Est-il bête!...
GRITZENKO.
On ne raisonne pas... {Bas d Catherine.) Toi, comme je te protège... (lui montrant une guérite qui est d gauche du spectateur) je te permets de te promener de la guérite à la
lente, ou'dela tente à la guérite... à la volonté... jusqu'à co qu'on vienne te relever.
CATHERINE
Et d'ici là si je meurs de froid ?...
GRITZENKO,
On ne raisonne pas... Sakinka I... A vos postes. . demitour... marche ! [Les deux soldats disparaissent par le fond, derrière la tente; Gritzenko sort ; Catherine reste debout près de la guérite à gauche.
Pendant la scène précédente des soldats ont élevé une grande et belle tente qui tient dans toute sa largeur les deux tiers du théâtre. — Au fond et sur les côtés, les rideaux sont fermés ; ceux qui font face au spectateur sont relevés et laissent voir l'intérieur de la tente qui est richement décorée, — Des chaises, une table.
De la guérite à la tente, le tiers du théâtre est libre ; c'est dans cet espace que Catherine se promène, le fusil sur Vépaule, peivdant qu'au fond du théâtre apparaît de temps en temps la sentinelle qui se promène derrière la tente.