LE PÉCHEUR
Ah ! vous n'avez pas de pitié !
Les douaniers emmènent le contrebandier dans la direction du village. André se retourne vers Vita et lui prend la taille.
ANDRÉ
Vita, petite fiancée, regarde-moi, souris... Souris-moi donc un peu !
Vita le regarde en face, sérieuse. II ôtc sou bras de la taille de la jeune fille.
Pour toi, j ai délaissé les beautés de la ville ;
La fête était superbe et toutes les donzelles ne voulaient que moi pour danseur. ..
Mais, souris donc, Vita !...
Tiens, la grande Marie, la belle fermière, et la Louison, l'agaçante Louison, m'ont lancé des regards bien tendres quand j'ai quitté le bal...
li se rapproche d'elle.
Mais, ne sois pas jalouse, ô Vita, ma blonde adorée, car, tu sais bien que c'est toi que j'aime, et rien ne vaut ton sourire à mes yeux !
A propos, c'est demain qu'on proclame nos bans, à l'église...
VITA (sourdement)
Oui... peut-être...
ANDRÉ
Comment ?... comment, peut-être ?...
Ah ! ça, Vita, qu'as-tu donc ?
VITA
Ce que j'ai ?.. je ne sais pas...
Le crépuscule est tout à fait venu ; la pailio de la scène où se trouvent Vita et André est pres(|ue obscure ; les rayons obliques du soleil couché cclaireut encore duue lumière rouge TEiranger, qui, son lilct et ses avirons sur l'épaule, est déjà parvenu à moitié du petit chemin montant à la cabane, sur le rocher de gauche. Vita, de l'obscurité, jette un dernier et long regard vers l'Etranger qui monte, en pleine lumière.