‹ L'étrangère: comédie en cinq actesChapitre 29 sur 102 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

MADAME DE RUMlÈRES.

Vous ne Tavez pas revue hier au soir ?

SEPTMONTS.

Non. J'ai conduit mislress Clarkson jusqu'à sa voiture, et je suis allé au cercle. J'étais agacé. Ce n'était pas le moment d'avoir une explication avec Catherine. D'ailleurs, il était deux heures du matin, et je n'entre jamais chez elle à cette heure-là.

M A U R I C E A U , qui est entré sur les derniers mots*

Tant pis l

Pourquoi ?

MAURIGEAU.

Parce que c'est llieure où, entre mari et femme, les choses s'arrangent le mieux.

SEPTMONTS.

Votre fille dort toujours quand je rentre.

MADAME DE RUMlÈRES.

Probablement parce que vous ne rentrez jamais que quand elle dort. — Bonjour, mon cher monsieur Mauriceau, bonjour.

SEPTMONTS, à Ifauriceaa.

Enfin, ce n'est pas de cela qu'il s'agît et vous arrivez bien. Nous sommes en famille, pour ainsi dire, M. Rémonin étant de vos plus anciens amis, et nous pouvons nous expliquer au sujet de votre fille, qui a fait hier une scène qui m'a été on ne peut plus pénible. Puisqu'elle n'est pas là... Où est-elle?

MADAME DE RUMlERES.

Elle est à l'église.

SEPTMONTS.

Elle ne saurait trop y aller, si elle doit y apprendre la charité chrétienne; enfin, puisqu'elle n'est pas là, et que je ne puis passi^r ma journée à l'attendre,^ je vous prierai, mon cher mcdsieur Mauriceau, de lui dire que ses façons d'hier au soir ne sont pas de mise daoA dou% monde. Et voilà pourquoi

j'ai cru devoir lui donner publiquement la petite leçon qu'elle a reçue.

MÂUR1GEAU.

Mistress Glarkson a été plus qu'indiscrète.

SEPTMONTS.

Et la duchesse a été plus qu'impolie. Quand on est dame patronnesse d'une fête de bienfaisance, et surtout quand on est chez soi, il y a des choses qu'il faut savoir faire ou deviner, quand on ne les a pas apprises. Mistress Glarkson est une étrangère; elle peut être originale, excentrique ; c'est un droit que nous avons assez souvent reconnu à bien d'autres étrangères pour que nous ne le lui marchandions pas ; elle offrait vingt-cinq mille francs pour prendre une tasse de thé dans cette chambre ; c'était une fantaisie prlncière ; le devoir de madame de Septmonls, dame patronnesse et mandataire des pauvres,, était de se rendre à cette fantaisie qui leur rapportait vingt-cinq mille francs de plus, de recevoir tout de suite mistress Glarkson, de lui faire sa plus belle révérence et de lui servir une tasse de thé.

MADAME DE RUMIÈRES.

On pouvait même y ajouter un petit gâteau, pour ce prix-là.

SEPTMONTS.

Tous êtes de mon avis, n'est-ce pas? Vous auriez reçu celte dame ; vous auriez encaissé ses vingt-cinq mille francs et tout eût été dit, puisque cette dame ne demandait pas autre chose.

MADAME DE RUMIERES.

G'est certainement ce que j'aurais fait , mais votre femme avait peut-être ses raisons pour ne pas faire comme moi. En dehors de tout ce qu'on raconte sur mistress Glarkson, on assure que vous lui témoignez des sentiments dont une femme légitime a le droit d'être jalouse. Pour tout dire en un mot on vous accuse d'être au mieux avec mistress Glarkson.

Vanrioean approaTe du geste la marifaiBé et l'enoounie à ooniliiaer«

SEPTMONTS.

C'est une calomnie de plus. Je ne suis pas au mieux avec mistress Garkson, — malheureusement.

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