‹ L'étrangère: comédie en cinq actesChapitre 4 sur 102 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

RÉMONIN, MAURICE AU entrent ensemble

par la porte du fond*

MAURIGEAU.

£t tu es ici dans les appartement^ particuliers de la duchesse, de ma fille l

C'est donc pour cela que ce domestique ne voulait absolument pas me laisser entrer.

MAURIGEAU.

Naturellement! Ma fille a prêté le reste de son hôtel et ses jardins pour cette (èle de bienfaisance; mais c*est bien le moins , qu'elle S0 ^oit réservé son appartement pour elle et ses amis tout à fait intimes, dont tu es, bien que je ne t*aie pas vu depuis près d& vingt ans, et que je ne m'attendisse] guère à te retrouver ce soir ici. * '

RBMONIN.

Je ne me doutais même pas, en y venant comme tout le monde pour donner mes vingt francs aux orphelins de ces malheureux mineurs auxquels ta fille s'est intéressée, je ne me doutais même pas que cette duchesse tie Septmonts, c*était mademoiselle Mauriceau que j'ai mise au monde ; car c'est moi qui l'ai mise au monde.

IIAURIGBAU.

Il y a vingt-trois ans. Comment! tu ne savais pas que la duchesse de Septmonts était ma fille ? C'est curieux ! Tout Paris le sait.

RÉUONIN.

Comme tu n'as pensé qu'à tout Paris, et que tu ne m*as pas invité à son mariage, je ne l'ai pas su.

MAURICEAU

J'ignorais ce que tu étais devenu.

RÉMONIN.

Tu n'avais qu'à chercher dans l'Almanach du (Tommerce à la lettre R. Tu aurais trouvé : « Rémonin, rue Madame, 403, proresseur au Collège de France, d C'est très-commode, l'Almanach du commerce, quand on veut retrouver ses amis.

MAURICEAU

Tu sais bien ce que c'est que la vie de Paris. Tu travaillais de ton côté ; je travaillais du mien. £t moi, me trouves-tu changé ?

RÉMONIN.

Non, tu es resté le môme ou à peu près. ;

MAURICEAU

Mon cher^ tu me croiras si tu veux, excepté quand je me regarde pour me faire la barbe, il ne me semble pas que j'aie vieilli.

Toujours ce bel estomac?

MAURICEAU

Toujours.

Page 1