‹ L'étrangère: comédie en cinq actesChapitre 5 sur 102 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

UÉMONIN.

fit madame Mauriceau ?

UAURICEACJ.

Morte, mon cher I La pauvre Cèmme 1

RÉUONIN.

Depuis longtemps ?

MAURICEAU

Il y a sept ou huit ans.

RÉMONIN.

De quoi?

UAURIGEAU.

Les médecins disent que c'est du foie. On n'a jamais bien su. Elle languissait. Elle n'était pas d'une santé brillante au fond. Très-nerveuse. C'a été un grand chagrin ! I^Iais ne parlons pas de ça. Et toi, es-tu maiié?

RÉUONIN.

Non!

UAURIGEAU.

Ma foi, tu as aussi bien fait. La famille a du bon, mais il y

a encore beaucoup à dire là-^eSSUS. (au domestique qui s'approche de

itti.) Qu'est-ce que c'est ?

LE DOUESTIQUE.

On vient chercher la réponse pour le journal.

UAURIGEAU, prenant un papier dans sa poche et aUant chercher une enveloppe sur la table, tout en faisant si6::e au domestique

d'attendre au fond.

Parfaitement, voilà, (a Rémonin.) C'est pour un reporter qui est venu me demander des détails sur la fêle de ce soir, et, en môme temps, sur la famille et les ancêtres de mon gendre, les Septmonts, vieille, très-vieille famille. Je lui ai écrit tout ce qu'il voulait en quelques lignes. Puisqu'il veut parler de cette fête, autant qu'il en parle exactement. 11 m'a demandé aussi [quelques notes sur moi. Il voudrait faire ma biographie^ à propos des nouveaux magasins qu'on \\^t\\. ^ oww'vc \>àRk ^^\^

Paix. II voudrait faire un parallèle entre l'industrie du temps où j'ai commencé et celle d'aujourd'hui. Je veux bien le renseigner i^-dessus aussi, mais verbalement, et je lui écris de venir me voir un matin, (au domestique, lai remettant la lettre.) A prôpo.c^ dites qu'on cherche la duchesse. Dès qu'on l'apercevra, qu'on la prie de monter. Qu'on lui dise que je la demande. (Le domestique 8*éioigne.) Ah! mou vioux Rémonin, je suis content de te revoir. Ce Paris tourne si vite, qu'on n*a pas le temps de rencontrer les gens qu'on aime. Mais, puisque tu ne savais pas que Catherine eût épousé le duc de Septmonts, qui est-ce qui t'a dit que tu me trouverais ici t

RBMONIN, en le regardant arec intention.

C'est Gérard, que j'ai rencontré tout à l'heure. Tu te rappelles bien Gérard ?

MAURICEAU

Parfaitement. Ah! il est là aussi ?

RÉMONlN.

Oui.

MAURIGEAU.

Comment va-t-il ?

RÉMONIN.

Il va très-bien, comme santé d'abord et comme position ensuite.

UAURICEAU.

Cela ne m'étonne pas qu'il ait fait son chemin. C'était un garçon très-intelligent et très-laborieux. £t sa mère ?

REMONIN.

Sa mère vit toujours. Elle a donc été la gouvernante de ta fille?

MAURIGEAU.

Pendant cinq ou six ans. Qu'est-ce qu'il fait maintenant, Gérard ?

RÉMONIN.

Il a été un de mes meilleurs élèves à l'École polytechnique ; aujourd'hui, il est dans les mines. Il a publié sur la question

Page 1