ACTE PREMIER
yaises, mais il y en a beaucoup dans lesquelles on peut choisir. J'ai été assez malin. Je me suis fait présenter dans une des maisons de Paris ot f avais le plus de chances de rencontrer ce que je cherchais, chez une étrangère, très-jolie, très-élégante, très-riche, très-originale, dont tu n'as pas entendu parler, puisque tu n'entends parler de rien dans ton laboratoire, et qu'on nomme mistress Clarkson.
Je la connais.
Tu la connais?
RBMONIN.
MAURIGBAU.
REMONIN.
Oui. C'est pour elle, ou plutoc pour son mari, qui a des mines en Amérique, que Gérard fait ce travail dont je te parlais tout à l'heure. Je viens de la rencontrer dans les jardins; j'ai laissé Gérard causant avec elle, et je ne te cacherai pas qu'elle parait lui porterie p]*js grand intérêt. Ne le dis pas à ton gendre : il passe pour avoir été son amant, ton gendre, ayant qu'il se mariât; il passe même gour l'être encore.
MAURICEAU
C'est possible, mais ça ne me regarde pas.
Évidemment.
Tu dis?
Va toujours.
REHONIN.
JfAURIGBAU,
RÉMONIN.
MAURIGEAU.
Eh bien, mistress Clarkson recevait en hommes tout ce quM y a de plus élégant, de plus noble, de plus distingué. C'est une femme d'infiniment d'esprit. A. quelques mots qui me sont échappés volontairement, elle a deviné ce que je cherchais et elle m'a mis en rapport avec le duc, en me disant : « Vous ne trouverez pas mieux. •
RÉMONIN.
Estp-oo qu'elle a été de la noce?
MAURICEAU
Non. Je n'ai jamais vu une femme cnez elle et elle |ie va jamais chez aucune femme. Du reste, puisque tu la connais^ tu conuais ses habitudes aussi bien que moi.
RISVONIN.
Je ne suis allé la voir qiîe deux ou trois fois,
MAURICEAU
Je lui ai fait un beau présent.
RËMONIN.
Qu'elle a accepté?
MAURICEAU
Parfaitement. C'est une femme pratique, qui prétend que les sentiments sont des valeurs qui doivent être représentées par une monnaie ayant cours ; sans quoi, on ne saurait pus à quoi s'en tenir sur la sincérité de leur expression. Je lui ai donné un collier de perles k six rangs, avec les agrafes en diamants, que j'ai parfaitement payé dix millelîvressterlingchezMortimer,à Londres. Mon gendre a dû faire à peu4)rès la même chose de son côté. De cette façon, nous nous sommes acquittés, comme des gens de notre condition doivent le faire. Et voilà comment ma fille s'est mariée.
RÉMONIN.
C'est une manière comme une autre.
MAURICEAU
Ah çà! j'espère que nous allons nous revoir maintenant; viens donc un de ces jours , nous dînerons ensemble comme autrefois,
REMONIN.
Chez la mère Salignon?
MAURICEAU
Si tu yeux. Ça nous rajeunirait ; mais je crois que nous serons mieux chez moi. J'habite, à côté, l'hôtel attenant à celuici. J'ai fait bâtir les deux en même temps. Viens; nous caur serons. Je vis en garçon. Tu te trouveras peut-être avec une jolie femme. Une jolie femme ne te fait pas peur, n'est-il pas