SCÈNE VI
SEPTMONTS, CLARKSON.
SEPTMONTS
Je viens de passer chez vous, monsieur. Mistress Clarkson m'a dit que vous étiez ici. Je suis revenu en hâte. Excusez-moi de vous avoir dérangé. Si, en rentrant, je vous ai fait prier de passer dans mon appartement, ce qui était vous dérun^er
encore, c'est qu'on m'avait dit que, ne m'ayant pas trouvé, vous m'attendiez auprès de la duchesse^ dont ce salon est le galon particulier, et, comme ce que nous avons à dire ne regarde que des hommes...
GLARKSON.
Aussi madame la duchesse s'est-elle retirée dans son appartement à L'annonce de votre retour.
SEPTMONTS.
C'est elle qui a dit au valel de chambre que vous préfériez que notre conversation eût lieu ici ?
GLARKSON.
Non, c'est moi.
Septmonts va à la porte de la chambre par laqueUe Calherioe est sortie et baisse les porUères.
GLARKSON, à part.
En voilà des mystères et des précautions!
SEPTMONTS.
Voici de quoi il s'agit. Je dois me battre demain matin. Ce duel ne peut se terminer que par la mort de l'un des deux adversaires. Je suis l'offensé ; j'ai donc le choix des armes : je choisis l'épée.
GLARKSON.
Vous tirez bien?
SEPTMONTS.
Je crois être un des premiers tireurs de Paris; mais celui de mes amis sur qui je compte pour qu'il me serve de témoin avec vous est un de ces hommes du monde qui discutent tous les. points d'une affaire, et avec qui les préliminaires delà rencontre peuvent durer plusieurs jours. Je désire que ce soit fini tout de suite.
GLARKSON.
Le fait est qu'en France vous donnez à ces sortes de choses une importance et une solennité que nous ne comprenons pas, nous autres Américains, qui vidons la question en cinq mi» nutcs, au premier coin de rue et devant tout le monde.