‹ L'étrangère: comédie en cinq actesChapitre 94 sur 102 · ACTE CINQUIEME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIEME

SEPTUONTS.

C'est justement pour cela que je me suis permis de m'adresser à vous. Êtes-vous disposé à m'assister?

CLARESON.

De très-grand cœur ! Mistress Clark son, quand je lui ai communiqué votre lettre, m'a dit de faire tout ce que je pourrais pour vous être agréable. Il y a longtemps que vous la connaissez ?

SEPTHONTS.

Quatre ans, à peu près, et je lui dois beaucoup, moralement, je ne vous le cacherai pas. J'étais garçon quand j'ai connu mistress Ciarkson. tJn jour, j'avais perdu au jeu une grosse somme : c^nt cinquante mille francs que je n'avais pas et que j^essayais vainement de me procurer, car j'étais complètement ruiné à cette époque. Mistress Ciarkson m*a très-généreusement prêté cette somme, que je lui ai rendue avec des intérêts équivalant au capital.

CLARKSON

Mais, puisque vous étiez ruiné, comment avez -vous pu rendre ce gros capital et ces gros intérêts ? Votre père est mort ou votre mère ? En France, la mort des parents est une grande ressource.

SBPTUONTS.

Non. J'étais orphelin et je n'avais plus rien à attendre. Je me suis marié.

CLARKSON

Ah! c'est vrai ; vous avez encore le mariage d'argent, vous autres Français! c'est un grand avantage sur nous qui ne nous marions que par amour. Chez nous, dans un cas comme le vôtre, on entreprend quelque chose, on va aux mines, on travaille. Enfin, chaque pays a ses habitudes. Je vous demande pardon de vous avoir interrompu. Tout cela ne me regarde pas au fond. Revenons à notre duel.

SEPTMONTS.

Je suis enchanté, au contraire, de vous donner tous les dé-

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tails possibles; vous pourriez vous élonuer, en effet, quand vous allez entrer en relation avec les témoins de mon adversaire, de voir qu'un de ces deux témoins est M, Mauriceau.

GLARKSON.

Le père de votre femme?

Lui-môme.

GLARKSON.

Témoin de votre adversaire? contre vous? C'est assez nouveau, ça. •

SBPTMONTS.

Oui ; vous voyez qu'il y a là-dessous des circonstances que l'on ne peut faire connaître à tout le monde.

GLARKSON.

On le dirait.

SEPTMONTS.

La raison apparente du duel entre M. Gérard et moi...

GLARKSON.

Gomment! C'est avec M. Gérard que vous vous battez?

SEPTUONTS.

Vous le connaissez?

GLARKSON.

Pas depuis longtemps; mais enfin, je le connais, et puis j'avais entendu parler de lui par mistress Clarkson, qui lui a rendu aussi un grand service. C'est inouï, ce qu'elle a rendu de services, en Europe, mistress Clarkson! Elle lui a sauvé la vie, à M. Gérard.

SEPTMONTS.

Eh bien, je ne crois pas qu'elle soit maintenant dans les mêmes <lispositions pour lui.

GLARKSON.

Pourauci lui en vpudrait-elle?

SEPTHONTS.

Les femmes sont si capricieuses 1

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