LIVRE L
Les derniers accords d^Izolette n^ont pu être entendus ; avant qu^elle ait achevé y les cris de Tadmiration et de Fenthousiasme y trop long-temps comprimés , ont éclaté avec violence. L^ivresse est générale. Les transports des assistans sont devenus un délire.
Cest presque agenouillés comme devant une divinité que les paladins saluent de leurs applaudissemens prolongés la sirène de Montolin. Izolette radieuse , déjà si belle par ses charmes ^ plus belle encore par ses triomphes , promenant ses regards brillans sur la foule enivrée , a rencontré les yeux
d'Arthur Pourquoi son visage a-t-il
changé à Finstant même ? Hélas ! les regards du comte étaient fixés sur elle avec Texpression rêveuse dW vague mécontentement.
Que rhomme est bizarre en ses désirs!....
Izolette, idole des chevaliers, reine d'un palais enchanté , divinité triomphante , était
trop entourée d^acclamations et de louanges pour que le cœur d'Arthur voulût y joindre son hommage; elle plaisait à trop de mortels pour n'être adorée que d'un seul.
Arthur, cherchant une amante selon ses vœux, voulait non admirer, mais aimer.
Tout ce qui brûlait de Tencens aux pieds d'Izolette lui semblait acquérir des droits à son cœur ; il en voulait un tout entier qui se contentât de lui seul j moins d'éclat , plus de sentiment. Il veut de l'exclusif en amour. Il croit déjà sentir qu'avec la vierge du castel il ne serait point heureux de la manière dont il comprenait le bonheur. Ah ! peutêtre, sans qu'il s'en soit douté, la douce vision du lac , image mélancolique empruntée à un monde sublime , et dW idéal enchanteur, était venue briser d'avance la chaîne qu'il eût chérie sans elle, et tous les talismens dlzolette.