‹ L'étrangère (volume 2)Chapitre 20 sur 93 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

Aux concerts succèdent les danses. Arthur a refusé de se mêler aux groupes joyeux que Terpsichore a réunis. Izolette attristée eût voulu suivre son exemple , mais il lui faut ouvrir le bal ; entraînée par ses compagnes , elle a donné le signal des nouveaux plaisirs. On se précipite à sa suite , et de tous côtés on Tentoure. Déjà ses pas légers effleurent à peine le sol. Plus fraîche que les fleurs en boutons semées sur sa robe de gaze, elle varie sa danse gracieuse comme la créatrice de Fart. S'entrelaçant à ses compagnes , elle sMchappe , reparaît , fuit encore , sWrête y folâtre, et semble en ses courses rapides une de ces nymphes aériennes des champs embaumés de la Grèce , qui , selon les chantres anciens , ne tenaient à la terre que par Fadmiration qu'elles y causaient , et n'y vivaient que de parfums^

38 L^KTRANG£RE.

La salle des banquets appelle les convives.

Une immense table est dressée dans la Ion* gue galerie du 'manoir. Arthur s^y est assis auprès du baron de Valdebourg qu^il a peu quitté de la soirée. 11^ se sont parlé , ils sVntendent ; leurs mains se sont pressées ; et si le serment de Pamour n^est point sorti cette nuit de la bouche du comte de Ravenstel , du moins celui de Tamitié n^est plus à pro«noncer pour lui.

Le banquet tirait à sa fin lorsquW bruit sourd et prolongé se fait entendre hors de la salle. Bientôt de grands cris lui succèdent... Le feu vient de prendre à Tune des ailes du château par la négligence des varlets chargés du soin des illuminations ; la charpente d^ime tourelle est la proie des flammes; et déjà, par les croisées de la salle des fêtes, Fincendie reflète ses clartés aflFreuses jusque sur les nobles convives.

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