‹ L'étrangère (volume 2)Chapitre 68 sur 93 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

son oubli de lui-même , que le divin berger d'Admète; il n^^est point repousse par elle:

c^est presque dire « il est aimé. )>

Alaïs eut dû sç lever , ne point prêter Foreille et fuir. Son devoir le lui ordonnait ;

sa faiblesse le lui défend. Hélas ! elle bénit en secret Fanéantissement de ses forces qui sert d^excuse à sa conduite, et qui lui permet dVcouter en silence le langage trop séduisant auquel son cœur voudrait répondre.

Mais la physionomie de Valdebourg devient à tout moment plus sombre ; son regard attaché sur elle avec Fexpression du reproche s^est tourné vers \e comte avec celle de la menace ; et FÉtrangère en a frémi.

« — Arthur ! noble Arthur ! sMcrie-t-elle , » tu portes mes maux à leur comble. La fart talité qui s^attache à mes pas , veut-elle w encore ici des victimes !.... Cruel ! nVs-tu w venu à moi que pour me rendre le sujet

iS^, L^ETRAN6£R£.

» de noaveaux combats et la cause de notr—

» veaux crimes!.... PTest-il donc pas un coin

» sur le globe où je puisse mourir inconnue ,

» où ma présence ne soit pas tm fléau !

)> Arthur ! je t'en conjure à genoux f aban-

n donne une infortunée qui ne peut être ton

» épouse; Je te Tai dit, je suis maudite;

» éloigne-toi! rends-moi la paix : ne sois

)i pas pour moi sans miséricorde ? et si tu

» m'aimes.

)) —Si je t'aime! interrompt le comte j) hors de lui; ah ! trop pour ren<mcer à toi. » Que parles-tu dp cgmbats et de crimes!

» Eh ! m'interdire ta présence , c^'est me » commander les forfaits. Que me fait Fexis- » tence de tous les hommes ! que me fait la )) mienne elle-même! Alaïs, serais-tu cou- » pable , rejetée de la terre entière, et même B réprouvée du eiel , je te veux telle que tu » es : je t'épouse qui que tu sois. Tout être

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