LIVRE V
gion n^est qu^un automne sans récolles , un long hiver sans nul abri.
Arthur cherche en vain un secours aux régions consolatrices , leurs routes lui sont inconnues. Ses pensées, filles d^une ame délirante, retombent des hauteurs divines où voudrait monter celui qui les dirige.
Ce sont les ombres de la montagne qui restent fixées à la terre, bien que le roc s^élève aux cieux«
• Olburge a trop étudié Arthur pour.se méprendre sur les sentimens qui Fagitent; il remarque ses tourmens, il épie ses démarches; il n^a plus de doutes sur son ^ amour.
Etrangère ! malheur à toi !
Olburge ne voit dans la feinte qu^un genre
de talent , et dans le crime qu'une science.
Il fait le mal avec orgueil. Le succès de ses
noirs desseins ne lui donne d'autre pensée
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que celle de sa supériorité. Il va trouver son élève ; il cherche à obtenir de lui la confi-^ dence entière de ses peines. Pour y réussir il emploie sur cette a me sincère Fascendant de Fesprit , la subtilité du raisonnement et le pouvoir de la prière. Ravenstel, accoutumé depuis Fenfance à lui ouvrir son cœur , n^a pu lui résister long-temps. Tous ses secrets sont confiés.
Olburge le plaint, le console, et se garde bien de Firriter par le moindre reproche.
« — T- Arthur ! dit le perfide ^ je ne vous blâme » point d^avoir aimé une jeune fiUe sans rang » et sans fortune; ce ne sont ni les titres ^ )> ni les trésors qui font le bonheur de la )) vie : si la beauté qui vous a sédiiit me pa* » raissait digne de vous, je lui sacrifierais à )> Finstant Fhéritière de Montolin, et vous w unirais /Fun à Fautre. Mais FÉtrangère , » objet du mépris général , proscrite , avi-^