LIVRE V. igi
Que les heures lui paraissent longuet ! Ces
cruelles filles du Temps ne vont jamais a'^un
pas égal pour Famant heureux ou souffraat :
leur marche est trop rapide ou trop lente.
Quand luira-t-il ce troisième jour qu^appellent tous les vœux d** Arthur , et qui peut^ être le verra admis dans la confidence de sa bien aimée !.«•• La présence d^Alaïs est loin d'hêtre pour lui le bonheur, mais elle est pour lui Texistence» Cest la lumière que cherche partout et dont a besoin constamment son ame passionnée.... Hélas ! semblable k Péclat de la lune sur une mer orageuse , cette lumière, impuissante contre la tempête, Téclaire et ne Fapaise point.
LVpoque désirée approche. Ravenstel , on ne sait pourquoi, cherche avec ardaur les distractions. Une force puissante et inconnue lui donne une activité continuelle et sans
ig^ L'^ETRANGEftE.
' but. Il forme à la fois vingt projets , il parle, ils^occupe, il s^agite; mais ses mouvemens et ses paroles sont confus et désordonnés.
Il était né avec des sentimens religieux, mais Tincrédule Olburge , loin de chercher à les accroître , les avait à peine tolérés dans son élève; et ne lui vantant que les préceptes de la raison , il avait souvent , devant lui, raillé des dogmes de la foi. Les idées pieuses d^ Arthur iiVtaient donc plus assez fortes pour le guider dans les prospérités, et le consoler dans les peines ; ce notait point pour lui d^utiles guides, ce notait qu^une vaine escorte. LMdifice de son éducation était un monument sans base ; Olburge avait rempli son esprit de systèmes philosophiques, de leur grandiose décevant, et de leurs trompeuses clartés. Funestes présens de Terreur ! la philosophie sans la reli-