LIVRE V
» dans une retraite ignorée ; Tautre , en un » bocage fleuri , joue la nymphe mélanco- » lique pleurant les rives de Paphos. Tous » deux s'entendent à merveille.
» Mais apprenez enfin , cher Arthur , leurs » infâmes machinations. Le baron las de son » impure maîtresse aspirait à la main dlzo- )> lette. Votre arrivée à Montolinl ayant dé- » concerté' ses plans , il a préparé....
>) — Juste ciel ! quelle épouvantable lu-
» mière !
» — Arthur, permettez que j'achève ! C'est )> Valdebourg lui-même qui le soir de la » grande fête avait placé sur votre passage » rétohnante vision du lac '^ il avait ouï parler » de votre esprit enthousiaste, et de l'exal- » tation de votre ame ; il a mis en jeu les res- » sorts qui devaient nécessairement les enw flammer. Le vieux soldat de la forêt , avec » ses récits admirables, a fait la seconde scène
» du drame. Valdebourg a recherché votre D amitié pour gagner votre confiai>ce. Alaïs , » à Feflfet dVnivrer votre imagination j s'est » entourée de tout le magique appareil de » la beauté persécutée^ de la souffrance et » du mystère. Comme Fenchanteresse de )i Thessalie (1) elle possède Une coupe mer- )> veilleuse : elle a , nouvelle Déjanîrc ^ lion » une robe qui consume, mais une image » qui maudit ; elle se dit de haute origine et » pleure pour s'embellir encore. Que de » moyens! et que d'effets! C'est tout un I) poëme en action , où l'on vous donne un » premier rôle ; mais quand viendra le dé*- )î> nouement , que sera le héros ?•.. la dupe.
» Le baron qui croît vous avoir j«gé, et » qui se persuade que pour porter à l'excès » votre enthousiaste tendresse , des obstacles
(1) Médée.