‹ L'étrangère (volume 2)Chapitre 85 sur 93 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

<( — Terre, entrWvre-toi sous mes pieds!

r> dit Tinsensé ; ouragans , déchaînez-vous )) sur ma tête ! foudre du ciel , tombe sur » moi ! je suis encore pur et sans tache; mais )> dans quelques instans peut-être , ma vie » aura deux parts et deux noms. »

Un voile épais couvre ses yeux; il se figure

qu'aune nuit épaisse Fentoure. « — Où suis-

» je ! reprend-il ; quelles ténèbres ! Ciel ! par

» pitié , de la lumière I >»

Sa respiration est coupée ; il lui semble

que , pour pouvoir battre , son cœur n'a

plus assez de place ; il frappe sa poitrine ,

il su£Poque. « — jPétouflPe ! a-t-il continué.

» Ces arbres , ces rochers , tout m'oppresse ;

» la voûte éternelle m'écrase. O nature ! de

» Pair ! de l'air !»

Un éclair brillant a traversé la nue ; la blanche maison de l'Etrangère s'ofire lumi-

neuse à ses yeux entre les arbres du bocage. <c — Cest là qu'ails sont tous deux !

» poursuit-il. Oui , le flambeau de la tem- » pête m'^a montré le lieu qui m^appelle. »

Il se précipite à ces mots vers la demeure d^Alaïs. Il est déjà près de la porte , lorsque le doux accent de PEtrangère se fait entendre et Farrête. Arthur est caché derrière un épais taillis : il en écarte les rameaux : il approche.... qu'^aperçoit-il !

Alaïs y appuyée sur Valdebourg , sort lentement de sa retraite. Avec tout Pabandon de la plus tendre confiance , elle lui adresse ces paroles : « — Quoi ! déjà , déjà me quit— » ter !

n — r L'orage , répond le baron , sVvance )) avec rapidité. A demain. Je te laisse ; » Adieu. » •

Il a fait quelques pas pour s^éloigner , elle cherche à le retenir. « — Pourquoi partir si

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