‹ L'étrangère (volume 2)Chapitre 86 sur 93 · LIVRE V. 2l · texte numérisé non relu

LIVRE V. 2l

» vite ! dit-elle ; quelle froideur en tes der- )» niers mots ! Songe qu^aujourd'hui , sur la » terre , toi seul es mon unique espoir , mon )) seul guide , mon seul ami. »

Valdebourg lui ouvre ses bras , et FEtrangère sY est jetée. « — O Léopold ! cher » Léopold!.... »

Le sifflement aigu des vents empêche Arthur dVn entendre davantage. Valdebourg presse Alaïs contre son cœur ; puis passant près de Ravenstel sans le voir , il prononce encore ces paroles : « — Un profond silence » surtout !.... Songe que tu serais perdue si

» Arthur savait qui nous sommes Le

» tromper est nécessaire.... Hâte les apprêts » du départ. »

Alaïs rentre en sa demeure, et Valdebourg est déjà loin. Le comte de Ravenstel, pétrifié, est demeuré quelques instans immobile et

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debout. Pâle comme un lis renverse ^ muet comme un tombeau disert , il se répète en lui-même les derniers mots qu^il vient d^ouîr. Puis Sv)rtant de sa stupeur j plein d^une rage forcenée^ ils^elance à la poursuite du baron»

H — Juge de Funivers ! sMcrie-t-il , je ne » te demandais qu^Alaïs. J'^eusse renoncé » pour elle à tout le reste de la création :

» elle me paraissait ton œuvre favorite.

n toi qui fis son corps si parfait , comment M tVs-tu mépris pour son ame !..• Je ne vou- » lais quVUe, elle seule; cruel! tu ne Tas pas » permis ! Cest toi qui me pousses au crime , )) tu mWvres la route.... jY suis. »

Sa voix s]^exhale avec violence dans les airs , mais Pouragan emporte ses cris , nul être humain ne les entend.

<( — Je ne puiiS plus doutçr , reprend-il , )) de leur iniame trahison. Si Arthur swait » qui nous sommes!... Le tromper est néces-^

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» saïre f Hâte les apprêts du départ ! Le )i perfide ! où la mène-t-il ? Ah ! tandis que » je menace , il vit. Plus de paroles ! plus w dé plaintes! elles reftoidiraient ma pen- » sée. »

Arthur ne se modère plus ; il a tiré son glaive ; il vole avec les tourbillons ,comnle s^il guidait contre la nature et le genre humain leur impétueuse ftirie. Uorageiise har^ moitié des vents lui semble le clairon de la mort , TafiTêuse hymne' des funérailles. Il franchit les distances, sans presque toucher la terre, tant sa course est précipitée. Enfin, aux clartés de Porâge et sur le roc de Fontaril , il aperçoit; il joint Valdebourg. ''

(( — Foudre éclatante ! poursuit-il , mun gissemens de la tempête ! horreurs et des- )» truction)^ ! venez tous; environnez -moii » Au sein de vos bouleversemens , je respire

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» plus en liberté. Soyez les guides , les api> puis et les témoins de ma vengeance ! »

Puis élevant sa voix terrible au-dessus de toutes celles desélémens déchaînés: « -r- Léo^ » poldy s^écrie-t-il, arrête ! Léopold! Arthur )> et la mort ! »

Valdebourg se retôm^ne à ce cri. Arthur était droit sur le roc , les cheveux en désordre , le fer nu , audacieux comme le désespoir , extrême comme le délire. Sa taille haute et martiale parait grandir avec sa rage. Seul , à la lueur des éclairs y Tœil aussi embrasé par la haine que le ciel sillonné par la foudre , il semble le génie des tempêtes au milieu de son élément, et donnant aux esprits funèbres Tordre de rextermination.

Le nom de Léopold y comme prononcé et poussé par le roulement des orages y a fait tressaillir Valdebourg. Ce nom y qu^il ne

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