LIVRE XI. 27I
dra plus la bannière des lis , les uns refusent de le secourir , les autres se joignent à ses ' adversaires. Philippe n'a pu réunir que peu de troupes ; n'importe , il les guide aux combats.
Leopold a suivi son prince. Cette guerre décidera du destin de sa sœur , avec quelle
ardeur il va fondre sur l'ennemi J Le
comte Guillaume des Barres est dévoué à la cause d'Agnès , il périrait pour la sauver» Le monarque et ses deux héros espèrent encore la victoire.
La reine est restée à Paris ; le prieur de Saint-Irénée est constamment près d'elle ; il est son soutien , son ami ; lui seul adoucit ses souffrances. Bientôt il pleurera sur elle.
Des messagers du camp royal apportent chaque jour à Lutèce des nouvelles de l'armée française. Jadis l'arrivée d'un courrier
était l'annonce d'une victoire ; elle était d'avatice prévue. Aujourd'hui , que tout est changé ! le peuple pressent les désastres, et les désastres se succèdent*
Philippe , au champ d'honneur, n'avait jamais connûtes revers. Une bataille terrible est livrée aux portes de.Gisors ', et les Français sont repoussés. Cependant leur chef invincible les rallie ; son puissant génie va triompher encore... , lorsqu'un pont s'écroule sous lui au moment même où la victoire allait couronner ses efforts; il tombe dans les eaux de l'Epte (1). Le bruit se répand qu'il a péri , et l'ennemi reprend courage.
Léopold, se précipitant dans les ondes, a sauvé les jours de son maître ; mais peu après, blessé dangereusement, il quitte le
(1) On montre, encore à Gisors la place où tomba Philippe- Auguste.